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Analyses et études 2010

Les analyses et études réalisées par Lire et Écrire ont toutes comme point de départ les problématiques de l’analphabétisme et de l’alphabétisation des adultes et ont toutes comme enjeux de soutenir la réalisation des objectifs de l’association, soit « que toute personne qui le souhaite puisse trouver, près de chez elle, une alphabétisation de qualité, répondant à ses besoins » mais aussi « qu’un jour, il n’y ait plus d’analphabètes ».

En Communauté française, les problématiques de l’analphabétisme et l’alphabétisation des adultes ne font pas ou très peu partie des champs de recherche du secteur formel. Ces problématiques ont dès lors été mises en avant et sont étudiées et analysées quasi exclusivement par le secteur associatif, dont Lire et Écrire. La participation à la réalisation des études de l’ensemble des acteurs de l’alphabétisation et plus particulièrement des apprenants et des formateurs, dont les bénévoles, est également un enjeu important. Elle garantit l’exploitation par ces personnes des résultats des études et concourt au développement d’une certaine formalisation des pratiques et des questionnements nécessaires pour qui veut exercer son esprit critique, innover et mettre en place des stratégies de changements.

Si toutes nos analyses et études se situent dans le champ de l’alphabétisation, ce champ est large et nos analyses et études traitent de nombreuses thématiques. Elles portent sur la compréhension et la prévention de l’analphabétisme, sur les politiques et sur les pratiques d’alphabétisation.

En 2010 nous avons produit 2 études et 43 analyses. Leur diffusion large se réalise actuellement principalement via le journal de l’alpha et via leur mise en ligne.

Compréhension et prévention de l’analphabétisme

Compréhension de l’analphabétisme

Cette rubrique comprend toutes les études permettant d’appréhender la réalité de l’analphabétisme : causes, conséquences, réalités des personnes concernées, trajectoires scolaires et sociales,…

L’enjeu est d’améliorer la connaissance de cette problématique afin d’en améliorer les politiques de prévention d’une part, et d’améliorer la qualité de la prise en compte des analphabètes.

Prévention de l’analphabétisme

Lire et Écrire se mobilise au quotidien pour défendre le droit à l’alphabétisation pour tous mais rêve aussi d’un avenir où l’alphabétisation des adultes ne serait plus nécessaire. Pour qu’un jour ce rêve devienne réalité, pour qu’un jour il n’y ait plus d’illettrés, il est aussi indispensable de lutter contre les causes de l’analphabétisme, de se battre pour une société qui ne se construise plus sur l’exclusion. Se battre aussi pour une école qui permette à tous les enfants d’acquérir les savoirs et les compétences de base… à l’école ! Il est inacceptable qu’aujourd’hui des jeunes sortent de l’école analphabètes ou illettrés et inacceptable que notre société ne permette pas à tous de vivre dans la dignité.

C’est dans ce cadre que Lire et Écrire lutte avec d’autres, et notamment au sein de la Plate-forme de lutte contre l’échec scolaire, pour une autre école, une école de la réussite pour tous.

Lire et Écrire a également rédigé quatre Analyses des débats sur l’école dans le cadre des actions d’alphabétisation.

Violences à l’école et école violente – Les apprenants racontent… – Magali Joseph, Lire et Écrire Bruxelles

Lors des débats et des animations avec les apprenants dans le cadre de la campagne « L’école en questions », ce qui ressort le plus fréquemment et avec le plus d’acuité c’est l’expression d’un vécu particulièrement douloureux avec l’école. Quand les participants s’expriment au sujet de leur propre expérience de l’école en tant qu’élève, de leur relation avec l’école en tant que parent ou du vécu de leurs enfants, les mots qui reviennent le plus souvent sont : « la tristesse », « les problèmes », « la peur », « l’injustice », etc. Il n’est pas rare, en effet, d’entendre des faits qui se rapprochent de près ou de loin à de la violence, celle-ci pouvant être physique ou verbale, entre élèves ou entre professeurs et élèves

Quelle implication des parents analphabètes dans la scolarité de leurs enfants ? – Magali Joseph, Lire et Écrire Bruxelles

On entend souvent dire, surtout du côté des enseignants, que les parents sont démissionnaires, qu’ils ne s’occupent pas de leurs enfants et ne s’intéressent pas à l’école. Ce sont en général les familles de milieux populaires qui font les frais de ces jugements négatifs. Or, comme bien d’études l’ont montré, c’est tout le contraire que nous avons pu constater lors de la Campagne « L’école en questions » ! Dans tous les groupes d’alphabétisation, les participants étaient intéressés par la thématique de l’école et étaient particulièrement prolixes

Dans l’enseignement spécialisé, je n’ai rien appris ! – Récit de Samantha, apprenante au Collectif Alpha

À 27 ans, Samantha est une jeune femme pleine d’énergie. Elle suit actuellement des cours au Collectif Alpha de Saint-Gilles pour obtenir son CEB (Certificat d’Etudes de Base) et trouver un métier qui lui plait.

Née en Belgique, elle a suivi toute sa scolarité dans l’enseignement spécialisé et en est sortie sans avoir acquis les compétences de base. Elle nous raconte qu’à l’école, elle n’a pas appris à lire et écrire correctement et qu’elle a appris sur le tard, avec l’aide d’une amie. Samantha fait en effet partie de cette partie du public suivant des cours d’alphabétisation qui a fréquenté l’enseignement spécialisé et en est sorti sans avoir obtenu le CEB.

Quelques pistes de solution – Pour que nos enfants ne vivent plus la même chose que nous – Magali Joseph, Lire et Écrire Bruxelles

Nombreux sont les apprenants qui éprouvent de réelles difficultés avec le système scolaire tel qu’il est organisé en Communauté française de Belgique. Que ce soit en tant qu’ancien élève ou en tant que parents, les apprenants attendent de l’école qu’elle soit juste, équitable et qu’elle fasse réussir tous les enfants. La campagne « L’école en questions » a permis l’expression de ces difficultés mais aussi la formulation de propositions de changements.

Politiques et pratiques d’alphabétisation

Politiques d’alphabétisation

Cette rubrique comprend toutes les études permettant de connaître, de comprendre, d’analyser et d’évaluer les contextes et l’évolution des dispositifs et des politiques d’alphabétisation, ainsi que des études qui, s’appuyant sur celles-ci, portent sur tant sur la manière de développer la prise en compte des analphabètes dans la société que sur les politiques et structures les mieux à même d’accueillir les personnes analphabètes. L’enjeu en est de construire de véritables politiques en matière d’alphabétisation et d’en mesurer les effets.

Aspects généraux

Notre étude annuelle portant sur L’alphabétisation des adultes. Analyse des principaux résultats de l’enquête statistique 2009 en Communauté Française Catherine Bastyns, Lire et Écrire Communauté française.

Lire et Écrire n’a jusqu’à présent pas revendiqué la création d’un décret « alpha », mais a au contraire pris l’option de défendre la prise en compte des personnes analphabètes/illettrées auprès des différents acteurs de la formation et dans les différents dispositifs de formation existants pour les plus de 18 ans. Ne serait-ce pas plus facile, plus lisible, plus confortable de revendiquer un décret « alpha » pour le financement de l’alphabétisation, au lieu de faire appel aux différents décrets et autres financements existants ? Depuis que l’alphabétisation existe, cette question se pose régulièrement …

Un décret alpha ? – Catherine Stercq, Lire et Écrire Communauté française, Juin 2010

Évaluation des actions d’alphabétisation et de sensibilisation

L’évaluation de l’impact des actions d’alphabétisation sur la vie des personnes Résultats d’une enquête menée par Lire et Écrire auprès des personnes en formation entre mars et juin 2010 – Coordination : Anne Godenir, Lire et Écrire

Chaque année, 16.000 personnes sont impliquées dans un processus d’alphabétisation en Communauté française de Belgique, dont 5.000 dans les formations organisées par Lire et Écrire. Comment les personnes arrivent-elles en formation ? Que cherchent-elles ? Ou plus précisément, que trouvent-elles dans les formations ? Quel est l’impact du processus d’alphabétisation sur leur vie ?

Les enjeux internationaux de l’alphabétisation – Conférence Internationale de l’Unesco sur l’éducation des adultes

Lire et écrire : une chance ? Un droit ! Catherine Stercq – Lire et Écrire Communauté française – Journal de l’alpha no 175 – Septembre 2010

Cinq Conférences internationales de l’Unesco sur l’éducation des adultes Sylvie-Anne Goffinet -Lire et Écrire Communauté française – Journal de l’alpha no 175 – Septembre 2010

Confintea (CONFérence INTernationale sur l’Éducation des Adultes) est un évènement phare tant pour l’Unesco, qui en est l’instance organisatrice, que pour la communauté internationale. Organisées tous les 12 à 13 ans depuis la fin des années 1940, les cinq premières Conférences se sont tenues successivement au Danemark (Elseneur) en 1949, au Canada (Montréal) en 1960, au Japon (Tokyo) en 1972, en France (Paris) en 1985 et en Allemagne (Hambourg) en 1997. Pour mieux comprendre dans quel contexte historique a été organisée Confintea VI qui s’est récemment déroulée au Brésil (Belém) du 1er au 4 décembre 2009, revenons quelques décennies en arrière et attardons-nous quelque peu à chacune des conférences qui l’ont précédée, et plus particulièrement aux revendications qu’elles ont portées en matière d’alphabétisation des adultes.

Des apprenants préparent et participent à différentes rencontres internationales Pascale Lassablière, Lire et Écrire Verviers – François Brizay, membre du Mouvement de la Chaine des Savoirs – Catherine Stercq, Lire et Écrire Communauté française, Sylvie-Anne Goffinet, Lire et Écrire Communauté française, Journal de l’alpha no 175 – Septembre 2010

Cinquante délégués de sept comités et associations d’apprenants accompagnés d’une dizaine d’animateurs/trices se sont réunis le 7 mai 2009 à Bruxelles pour prendre connaissance de la Charte Internationale des Apprenants produite à Edimbourg, pour la préciser et ajouter de nouveaux points dans le but préparer la participation des délégués d’apprenants à la Conférence internationale de l’Unesco sur l’éducation des adultes (Confintea VI).

Participation de Lire et Écrire au Forum International de la Société Civile (FISC) » – « Le FISC reprend la revendication de la participation des apprenants – Nadia Baragiola et Sylvie-Anne Goffinet – Lire et Écrire Communauté française – Journal de l’alpha no 175 – Septembre 201

Le Forum, au terme d’une année de consultations a répertorié sept enjeux pour l’éducation des jeunes et des adultes et réaffirme le rôle de la société civile et du pouvoir public dans la promotion et le développement de l’apprentissage et condamne le manque de prise de responsabilité des gouvernements nationaux et des institutions internationales dans la promotion et l’offre d’une éducation de qualité pour tous.

Les temps forts de Confintea VI Anne Vinérier – Formation des Acteurs et Recherche dans la Lutte contre l’Illettrisme – Journal de l’alpha no 175 – Septembre 2010

Décrire et commenter ce qui s’est vécu au cours de Confintea à Belém n’est pas chose aisée : en tant que participante j’ai été témoin d’un certain nombre d’évènements, j’ai dialogué avec un certain nombre de personnes, j’ai écouté un certain nombre de discours en séances plénières, j’ai participé à des ateliers, à des manifestations culturelles… mais je suis loin d’avoir tout vu, tout compris. C’est donc un regard subjectif que je vais apporter ici. Après avoir fait rapidement écho de mes impressions générales, je situerai quelques temps forts autour de trois points : les réunions en séances plénières, le temps des ateliers, et le temps des « entre-deux » qui ont permis de nombreuses rencontres. Je me tournerai ensuite vers ce que Confintea a ouvert comme perspectives.

2009 : Confintea VI – Priorité à l’alphabétisation et premier pas vers la reconnaissance des associations d’apprenants Sylvie-Anne Goffinet – Lire et Écrire Communauté française – Journal de l’alpha no 175 – Septembre 2010

À priori, Confintea VI ne devait pas apporter beaucoup de changements puisqu’il était dit au départ que cette conférence se placerait dans la ligne de Confintea V mais avec la volonté de réaliser ce qui souvent était resté à l’état d’objectifs à atteindre, sans réalisation concrète. Si bien que le mot d’ordre de la Conférence était : « Passons de la rhétorique à l’action ».

Les retombées pour les apprenants – Témoignages d’apprenants suite à leur participation à des rencontres internationales Nebiye Colak Noel Van Aerschodt, membres du groupe Y’a pas d’âge, Lire et Écrire Namur ; Pascale Lassablière, Lire et Écrire Verviers ; Yves Huysmans, membre de l’ association L’illettrisme Osons en parler, Lire et Écrire Verviers ; François Brizay, Gérard Bouchet, Stéphane Guinehut, Françoise Bossé, mouvement de la Chaine des Savoirs ; Huguette Vlaeminck, Lire et Écrire Namur – Journal de l’alpha no 175 – Septembre

La rencontre à Édimbourg a projeté les apprenants de l’association L’illettrisme Osons en parler dans un autre univers, un mode de communication inhabituel… et ce fut sans doute un apprentissage significatif pour leur engagement dans l’association. Ceci est clairement apparu au cours d’interventions ultérieures où les apprenants ont pris la parole.

Pratiques d’alphabétisation

Il s’agit de toutes les analyses et études portant sur les aspects plus pédagogiques des modèles d’actions et pratiques d’alphabétisation. Leur enjeu est d’améliorer ceux-ci notamment en soutenant l’écriture et l’évaluation des pratiques ainsi que la production d’outils pédagogiques. Et donc de développer la qualité de l’alphabétisation.

L’apprentissage de la langue parlée dans le cadre de l’alphabétisation

Passé, présent, avenir de l’enseignement des langues – Jean Marc Defays – Institut Supérieur des Langues Vivantes – Université de Liège – Journal de l’alpha no 172 – Février 2010

Les méthodes d’enseignement des langues n’ont cessé de se succéder au cours du siècle dernier, en raison de l’évolution et des révolutions des sciences dites « contributoires » (linguistique, psychologie, psycholinguistique, neurolinguistique, sociolinguistique, psychopédagogie, sciences de la communication, sciences cognitives,…), en raison du développement et de la transformation de la demande (non pas connaitre « plus » ou « mieux » les langues, mais les connaitre « autrement »), en raison des changements de statuts et d’usages de la langue entre les personnes et dans la société, mais aussi en raison de la pression des organisateurs de colloques, des bailleurs de fonds de la recherche, des éditeurs de manuels et de revues, qui exigent de la nouveauté, sinon des progrès. Jean-Marc Defays, spécialiste de la didactique des langues, fait pour nous le point sur cette évolution…

Pour apprendre une langue, il faut la parler – Marie Alice Medioni – GFEN – Journal de l’alpha no 172 – Février 2010

Voilà une affirmation qui ne saurait être contestée. Pourtant, ce qui apparait aujourd’hui comme une évidence n’a pas toujours été considérée de la sorte et ce qui semble faire consensus à présent suppose un certain nombre de conditions qui sont autant de paradoxes qu’il me semble utile d’examiner…

Expérience européenne de mise en ligne d’un support d’apprentissage de l’oral pour et par les apprenants – Pierre Muanda – Lire et Écrire Brabant Wallon – Journal de l’alpha no 172 – Février 2010

La formation intensive de niveau oral débutant organisée à Ottignies par Lire et Écrire Brabant wallon accueille chaque année une douzaine d’apprenants, essentiellement des primo-arrivants. Ces deux dernières années, cette formation était partie prenante d’un projet de création en ligne de supports d’apprentissage du français oral par et pour les migrants. Ce projet, qui s’intègre dans le programme européen Grundtvig pour l’Éducation et la Formation tout au long de la vie, a été baptisé IKIM par ses concepteurs…

Les simulations globales – Sylvie-Anne Goffinet – Lire et Écrire Communauté française – Journal de l’alpha no 172 – Février 2010

La simulation globale est un support méthodologique qui permet d’apprendre une langue étrangère par le biais d’un projet de création collective. Le principe en est simple : il s’agit d’entrainer les apprenants dans un univers différent de celui du local de formation (un immeuble, un village, une ile, un cirque, une entreprise…) que l’on appelle le lieu-thème, de leur faire endosser une identité fictive et de les amener à simuler toutes les fonctions du langage que ce cadre est susceptible de requérir. Préparer et réaliser une simulation globale permet de motiver les apprenants, tout en leur offrant la possibilité de s’exprimer en français, à l’oral mais aussi à l’écrit. Cette méthode s’avère tout à fait pertinente dans le cadre de l’alphabétisation où L’immeuble sa variante la plus connue des formateurs est déjà utilisée depuis un certain nombre d’années.

Le corps-langue : mobiliser/immobiliser le langage – Joëlle Cordesse – GFEN – Journal de l’alpha no 172 – Février 2010

Joëlle Cordesse s’attache à montrer, exemple à l’appui, que nous sommes tous des polyglottes qui s’ignorent. « Nous sommes tous des êtres de langage et capables, en situation « naturelle » de nous apprendre à nous-mêmes des langues, à nous sentir légitime dès la première minute. » C’est ce parti pris que Joëlle Cordesse défend « parce que, dit-elle, ses conséquences sont immenses ». Et d’abord parce que « la polyglossie est une chance pour l’égalité et un chemin nouveau et inouï d’émancipation collective ». Alors qu’un « corps monolingue est une prison, une prison physique et mentale, culturelle et symbolique », « tout ce qui concourt à ne pas nous réduire à elle nous émancipe ». Parce qu’ensuite ce parti pris « valide à égalité toutes les langues, jusqu’aux plus rares, jusqu’aux plus personnelles. » Voilà qui donne une perspective à nos cours de français oral…

Analphabètes et débutants à l’oral – Quelles spécificités Le groupe de travail Communication Orale (GT) est constitué d’une vingtaine de formateurs et conseillers pédagogiques, issus des régionales/locales de Lire et Écrire. L’objectif principal de ce groupe consiste à approfondir la réflexion méthodologique et à former des personnes ressources sur les questions liées à l’apprentissage et au développement de la communication orale en français, pour les publics analphabètes tant étrangers que francophones.

Face au manque de références pédagogiques adaptées à cette problématique, les membres du groupe de travail ont saisi cette opportunité pour mettre par écrit leurs réflexions et constats en appuyant et validant leurs hypothèses sur leur expérience et les apports théoriques existants.

Questions de grammaire et d’orthographe

La nouvelle orthographe, c’est quoi ?- Dominique Dupriez – Journal de l’alpha no 173 – Avril 2010

Depuis le mois de septembre 2008, dans la presse, dans les journaux, dans les courriers des lecteurs, à la télévision, à la radio, dans les salles des profs des écoles ou dans les classes et parfois dans les familles, on reparle, en Communauté française de Belgique, de la nouvelle orthographe. Mais de quoi s’agit-il ? Qu’est-ce que la nouvelle orthographe ? C’est à cette question, et à d’autres qui en découlent, que répond Dominique Dupriez, auteur de La nouvelle orthographe en pratique, dans les lignes qui suivent.

Les enjeux sociaux de la nouvelle orthographe Dominique Dupriez – Journal de l’alpha no 173 – Avril 2010

Dominique Dupriez aborde la question du sens de la réforme de l’orthographe. En quoi la « nouvelle orthographe » peut-elle favoriser l’apprentissage de l’orthographe et du français par tous ? En quoi peut-elle faciliter l’appropriation de l’écriture par le plus grand nombre ? Voici quelques jalons pour aborder cette vaste problématique…

Vouloir simplifier l’orthographe : une idée bien peu raisonnable – Evelyne Charmeux – IUFM de Toulouse – Journal de l’alpha no 173 – Avril 2010

Quelle que soit l’énergie dépensée par ceux qui défendent la simplification de l’orthographe, c’est, selon Eveline Charmeux, une idée bien peu raisonnable. Parce qu’en la matière, il ne sert à rien de vouloir légiférer ; seul l’usage peut « faire loi ». Mais surtout, et c’est ce qu’elle s’attache à démontrer, parce que tenter de rapprocher l’orthographe de la prononciation ou vouloir remédier à ses incohérences serait une tentative aussi vaine que malvenue. Ce serait ôter à l’orthographe sa spécificité qui est de donner sens à l’écrit. Pour Eveline Charmeux, c’est à l’enseignant (ou au formateur d’adultes) qu’il revient de faire entrer les apprentis scripteurs dans la spécificité du langage écrit tel qu’il est, avec ses difficultés et ses incohérences, et à leur donner les outils qui leur permettront d’arriver à orthographier correctement.

Pour qu’ils maîtrisent l’orthographe, faut-il l’enseigner autrement ? Evelyne Charmeux – IUFM de Toulouse – Journal de l’alpha no 173 – Avril 2010

L’orthographe est à la fois un lieu de conflits passionnels et un champ ouvert de recherches pédagogiques. Dans l’article qui suit, Eveline Charmeux nous présente la piste qu’elle a explorée, depuis de nombreuses années, pour permettre à tous de maîtriser l’orthographe : l’approche par résolution de problèmes de lecture. Avec son équipe, elle a cherché à construire une démarche d’appropriation du fonctionnement orthographique du français écrit, inspirée des Sciences de la Nature, démarche partant de l’observation des écrits lus pour acquérir la maîtrise de l’écrit produit. Notre questionnement initial était celui-ci : – Est-ce que l’orthographe joue un rôle dans la construction des significations ? Lequel ? – Ce rôle peut-il permettre de décrire le fonctionnement de l’orthographe française de façon intéressante du point de vue didactique ? – Est-ce qu’une didactique peut se concevoir à partir de cette approche et de cette description ?

Comprendre l’orthographe – Passer du « comment ça s’écrit » au « pourquoi » – Jeanne Dion et Marie Serpereau – GFEN – Journal de l’alpha no 173 – Avril 2010

Passer du « comment ça s’écrit » au « pourquoi ». Appréhender les contenus de savoirs comme règles à appliquer, listes de mots à mémoriser, exercices difficiles et donc à répéter de nombreuses fois… induit un sentiment de difficulté qui, vite vécu comme insurmontable, installe un sentiment de fatalité chez l’apprenant. L’orthographe est le domaine par excellence où la non maitrise s’avère discriminante tout au long de la scolarité, puis plus tard, dans la vie professionnelle, voire privée et affective. Cette prise de conscience que le maintien des exigences orthographiques continue de jouer un rôle de sélection sociale exige une autre pédagogie. Jeanne Dion et Marie Serpereau présentent ici quelques-unes des pratiques développées dans leur ouvrage Faire réussir les élèves en français de l’école au collège qui, tournant le dos aux pratiques d’acquisition de l’orthographe par la mémorisation et l’application, donnent sens aux savoirs. Ces pratiques ont pour caractéristiques d’explorer les faits de langue qui rendent compte de la structure orthographique du français et d’enclencher la construction par les apprenants, enfants ou adultes, de notions opératoires, ainsi que leur organisation dans une approche cohérente de ce champ de savoir.

Dire que la langue française est difficile c’est la rendre inaccessible au plus grand nombre – Jean Constant, Lire et Écrire Verviers – Journal de l’alpha no 176 – Novembre 2010

Lorsque vous demandez autour de vous, à vos collègues, amis, familles si, à leur avis, la langue française est difficile, vous avez une unanimité qui se dégage : oui, la langue française est difficile. Quand vous demandez ensuite en quoi elle est difficile, là, les réponses varient en fonction du rapport que chacun entretient avec la langue. On cite le nombre important d’exceptions, le nombre de règles, son histoire, la distance culturelle par rapport à la langue maternelle…

Faisons un tour rapide de ces différentes réponses et analysons leur pertinence…

Comment j’ai surmonté mes difficultés d’orthographe et comment j’en ai tiré un enseignement pour ma vie professionnelle – Jean Constant, Lire et Écrire Verviers – Journal de l’alpha no 176 – Novembre 2010

L’orthographe en tant que norme sociale discrimine-t-elle les individus qui ne font pas partie du cercle des personnes maitrisant l’orthographe française ? Cette question, je me la suis posée à travers mon parcours personnel et mon métier « d’alphabétiseur. » Elle en a suscité de nombreuses autres qui m’ont guidé pour écrire le récit qui suit…

Pour que la grammaire et l’orthographe prennent sens – Construire pas à pas la catégorisation grammaticale avec les apprenants – Jean Constant, Lire et Écrire Verviers – Journal de l’alpha no 176 – Novembre 2010

Apprendre à écrire nécessite la maitrise d’une série de compétences : de la maitrise du fonctionnement du système graphophonétique à la maitrise grammaticale. Tout un programme !

Dans le cadre de cet article, Jean Constant propose une démarche pour amener les apprenants à construire la catégorisation grammaticale par un travail de réflexion et d’interactions… qui, in fine, doit permettre à chacun de s’en servir de manière opportune dans la rédaction de tout écrit.

Orthographe et illettrisme – Ou comment travailler l’orthographe avec des adultes illettrés – Sylvie-Anne Goffinet, Lire et Écrire Communauté française – Journal de l’alpha no 176 – Novembre 2010

Quelle est la porte d’entrée la plus pertinente pour s’approprier l’orthographe et comment construire une démarche d’apprentissage qui ait du sens d’un triple point de vue : celui de la langue, celui de l’apprenant, et celui du formateur ? Une question qui n’est pas anodine car la tendance est souvent de concevoir l’apprentissage sous la forme d’une progression linéaire, allant du plus simple au plus complexe. Or, les adultes en situation d’illettrisme nous montrent que cette manière de faire, souvent pratiquée en milieu scolaire, échoue dans sa mission de donner à tous accès au statut d’écrivant.

Une recherche-action, mise en œuvre dans le courant de l’année 2008-2009 par des formateurs travaillant avec des personnes illettrées inscrites dans des Ateliers de Formation de Base en Haute-Normandie, a permis de montrer qu’en travaillant autrement, il est possible d’atteindre cet objectif…

Orthographe : une autre voix/voie – Danièle Cogis – IUFM de l’Académie de Paris – École intense de l’Université de Paris IV- Sorbonne MoDyCo CNRS – Université Paris Ouest Nanterre La Défense – Journal de l’alpha no 176 – Novembre 2010

L’orthographe n’est généralement considérée que sous un angle négatif : la quantité déplorable de fautes dans les écrits des élèves ou des étudiants, les règles qui ne sont pas appliquées, le niveau qui baisse… Pourtant, l’orthographe, c’est d’abord la forme matérielle du langage écrit, c’est-à-dire d’une pensée qui s’exerce en s’écrivant. C’est ensuite, plus spécifiquement, les conventions par lesquelles une langue se transcrit à un moment donné, et, par voie de conséquence, un héritage culturel, trace d’une longue histoire. Elle se situe à l’interface de la lecture et de l’écriture et fait l’objet d’un long apprentissage en milieu scolaire. Si l’on veut faire accéder tous les élèves à des compétences suffisantes en littératie, on ne peut plus s’en tenir à enseigner des règles et à les faire appliquer…

Les méandres cachés de la langue française – Dimensions culturelles dans l’apprentissage de la conjugaison et de la grammaire Dany Crutzen – Centre MENA d’Assesse – Journal de l’alpha no 176 – Novembre 2010

Si l’on veut comprendre les difficultés que rencontrent les non francophones avec la concordance des temps, la conjugaison des verbes être et avoir, le maniement des pronoms personnels, les accords en genre et en nombre…, il faut pouvoir se décentrer d’un certain nombre d’évidences qui nous collent à la peau. C’est ce à quoi s’attache Dany Crutzen qui analyse un certain nombre de difficultés de la conjugaison et de la grammaire française pour les personnes dont le français n’est pas la langue maternelle. En lien avec cette analyse, elle propose quelques pistes pour travailler les difficultés grammaticales en français langue étrangère

Voyages au pays de l’immigratien Jérémie Piolat -Journal de l’alpha no 176 – Novembre 2010

Sous cet intitulé, Jérémie Piolat approfondit le processus de « créolisation » dont il s’était fait l’écho dans un précédent article : la création par des personnes venues d’horizons différents d’une langue commune intégrant leurs apports respectifs à la langue du pays d’immigration. Il y explique comment, dans un contexte qui permet aux migrants de refaire communauté avec d’autres, cette langue nouvelle, aussi appelée « immigratien », peut prendre tout son sens. Elle est une étape qui a une valeur en soi et peut conduire les membres de cette communauté à se faire une place dans la société d’accueil.

En soutenant son émergence, y compris dans un processus d’apprentissage du français, on interroge les limites de la définition de la grammaire que l’on trouve dans le dictionnaire, soit « l’ensemble des règles à suivre pour parler et écrire correctement une langue » ou « l’ensemble des structures et des règles qui permettent de produire tous les énoncés appartenant à une langue et seulement eux » (Petit Robert).

De l’immigratien à… Jérémie Piolat -Journal de l’alpha no 176 – Novembre 2010

Jérémie Piolat répond à la question : quel travail mène-t-il avec les participants pour passer d’un texte écrit en immigratien à un texte écrit dans un français directement compréhensible par des francophones ?

Les maths en alpha

Calculer c’est possible ? Le sens des maths en alpha

Si Lire et Écrire, c’est possible, calculer doit l’être aussi ! Pourtant, Lire et Écrire s’appelle Lire et Écrire et non pas Lire, Écrire et Calculer. Est-ce parce que cela sonne mieux comme ça ou est-ce parce que les mathématiques ne sont pas considérées comme importantes en alpha ?

Travailler en alpha

Au fil des ans, l’alphabétisation a connu une évolution et une spécialisation des différentes fonctions. Plusieurs professionnels, salariés et/ou bénévoles, témoignent de leur expérience en alphabétisation, se questionnent et interpellent.

Mettre les personnes au centre et questionner le monde à partir d’elles Paolo Cercas-Verniz, Lire et Écrire Bruxelles – Journal de l’alpha no 174 – Juin 2010

J’adore ce que je fais. J’aime beaucoup le métier de formateur, c’est une découverte permanente. Ce que j’apprécie surtout c’est que c’est un métier qui ne doit pas être figé et je pense que c’est un métier qui a une grande souplesse, à tout niveau. On travaille avec de l’humain, avec des personnes, ce qui veut dire qu’on doit tout le temps se questionner, pas spécialement se remettre en question mais se mettre en questionnement. Car se remettre en question peut être culpabilisant, ça dépend de la démarche qu’on a à l’intérieur de soi. Se mettre en questionnement c’est plus large, ce n’est pas uniquement par rapport à ce qu’on fait mais c’est ouvrir davantage son horizon et essayer de voir d’autres possibilités, voir vers quoi on pourrait aller. Le questionnement c’est aussi une forme d’évaluation. On nous demande d’évaluer les apprenants, on nous demande d’évaluer le travail que nous faisons. L’évaluation ultime est celle qui met en questionnement les processus, l’ensemble, qui permet de donner une cohérence aux choses…

Lire et Écrire a changé toute ma vie Fabienne Vandermiege, Lire et Écrire Verviers – responsable de l’association L’illettrisme Osons en parler – Journal de l’alpha no 174 – Juin 2010

Il y a l’idéal et puis le comment on le met à la sauce, Nathalie Donnet, Lire et Écrire Namur – Journal de l’alpha no 174 – Juin 2010

Je me suis engagée dans l’alpha comme je suis entrée en poésie, Marie Ito, Lire et Écrire Brabant Wallon – Journal de l’alpha no 174 – Juin 2010

Si je peux résumer mon engagement dans l’alpha, je dirais qu’il a fallu à chaque fois chercher, inventer, innover, Nadia Baragiola, Lire et Écrire Communauté française – Journal de l’alpha no 174 – Juin 2010

Mettre le pied entre la porte et le chambranle – Jean Peters – , responsable de projets en sensibilisation à Lire et Écrire Brabant Wallon – Journal de l’alpha no 174 – Juin 2010

Sensibilisation – Information

L’alphabétisation sous la loupe de la presse écrite, Cécilia Locmant, Lire et Écrire Communauté française

Des modèles d’actions pédagogiques

Illettrisme de la ville à la campagne – Intervention de Dominique Rossi, Lire et Écrire Hainaut Occidental, lors du Colloque – Initiales « Illettrisme de la ville à la campagne » Charleville Mézières, 28 et 29 septembre 2010

L’alphabétisation des travailleurs au sein de Lire et Écrire en Wallonie

L’alphabétisation des travailleurs fait partie de l’histoire de Lire et Écrire et des mouvements porteurs. Au fil des ans, les questions liées à la formation et à la sensibilisation ont évolué en fonction de l’environnement dans lequel se situe Lire et Écrire. Pour tenter de comprendre les enjeux d’aujourd’hui, il est nécessaire, de dresser un inventaire des constats concrets rencontrés, de tenter de faire des propositions de manière à pouvoir cerner un cadre d’actions et des priorités.

Le développement d’une politique globale et coordonnée de l’alphabétisation en Région Wallonne

Les spécificités de l’illettrisme et les pratiques révèlent la nécessité d’un travail recouvrant de multiples facettes. L’approche de l’analphabétisme ne peut se limiter à une version exclusivement de formation ou d’enseignement ; elle doit intégrer les multiples aspects de la vie. Il s’agit de prendre en compte le projet des publics en situation d’illettrisme, directement ou par l’intermédiaire des agents relais, opérateurs publics ou privés, ceci afin de toucher les personnes là où elles sont.

Sensibilisation, développement de partenariats et d’une offre de formation à destination des travailleurs infrascolarisés Lire et Écrire en Wallonie

Au-delà des entrées en formation, les actions de sensibilisation visent également la prise de conscience et la prise en compte de l’illettrisme dans le milieu syndical, en entreprise, dans la lutte contre l’exclusion et pour el maintien à l’emploi d’une catégorie de travailleurs infra scolarisés.