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Analyses et études 2013

Les analyses et études réalisées par Lire et Écrire ont toutes comme point de départ les problématiques de l’analphabétisme et de l’alphabétisation des adultes et ont toutes comme enjeux de soutenir la réalisation des objectifs de l’association, soit « que toute personne qui le souhaite puisse trouver, près de chez elle, une alphabétisation de qualité, répondant à ses besoins » mais aussi « qu’un jour, il n’y ait plus d’analphabètes ».

En Communauté française, les problématiques de l’analphabétisme et l’alphabétisation des adultes ne font pas ou très peu partie des champs de recherche du secteur formel. Ces problématiques ont dès lors été mises en avant et sont étudiées et analysées quasi exclusivement par le secteur associatif, dont Lire et Écrire.

La participation à la réalisation des études de l’ensemble des acteurs de l’alphabétisation et plus particulièrement des apprenants et des formateurs, dont les bénévoles, est également un enjeu important. Elle garantit l’exploitation par ces personnes des résultats des études et concourt au développement d’une certaine formalisation des pratiques et des questionnements nécessaires pour qui veut exercer son esprit critique, innover et mettre en place des stratégies de changements.

Si toutes nos analyses et études se situent dans le champ de l’alphabétisation, ce champ est large et nos analyses et études traitent de nombreuses thématiques. Elles portent sur la compréhension et la prévention de l’analphabétisme, sur les politiques et sur les pratiques d’alphabétisation.

En 2013, nos deux études et 37 analyses sont les suivantes.

Compréhension et prévention de l’analphabétisme

Cette rubrique comprend toutes les études permettant d’appréhender la réalité de l’analphabétisme : causes, conséquences, réalités des personnes concernées, trajectoires scolaires et sociales…

L’enjeu est d’améliorer la connaissance de cette problématique afin d’en améliorer les politiques de prévention d’une part, et d’améliorer la qualité de la prise en compte des analphabètes.

En 2013, nous avons développé notre réflexion autour du concept de l’État social actif et de ses effets sur les dispositifs de formation d’adultes peu scolarisés. Nous avons à cette occasion rédigé une étude et plusieurs analyses.

Le passif de l’État actif, vu à travers la politique d’activation des chômeurs - Catherine Bastyns – Mars 2013
Alors que le paradigme de l’État social actif a gagné toujours plus de terrain en Europe, y compris dans notre pays depuis la fin des années 90, nous avons pu garder jusqu’ici une sorte de Belgian touch en matière d’assurance-chômage : un droit aux allocations en principe illimité dans le temps. En pratique, ce droit s’est nettement effiloché depuis que la politique d’activation des chômeurs l’a assorti de contraintes qui, non respectées, peuvent entrainer des suspensions des allocations voire l’exclusion définitive. On montrera ici, notamment sur base de données chiffrées, que cette politique est plus défavorable à ceux qui sont déjà les plus mal lotis.
Contexte sociopolitique de l’État social actif – Magali Joseph, Lise Valckenaers – Journal de l’alpha no 189 – Mai-juin 2013
Qu’est-ce que l’État social actif ? En quoi sa conception est-elle différente de celle de l’État-providence, désormais qualifié d’État social passif ? Quelle est le paradigme qui sous-tend les politiques d’activation ? Comment les institutions supranationales (OCDE, Union européenne) ont-elles impulsé ces politiques et quelle en a été la traduction au niveau belge ? Et pour finir, quels en sont les enjeux sous-jacents ?
État social actif : de la théorie à l’expérience de vie – Anne Godenir, Aurélie Storme – Journal de l’alpha no 189 – Mai-juin 2013
L’État social actif est un concept. Il repose sur un ensemble d’idées, parfois d’opinions, qui, alimentées par des points de vue théoriques, ont fini par bâtir une référence en matière de politique de l’emploi en Europe et, depuis la fin des années 1990, en Belgique. Que recouvrent ces opinions ? Ces idées rencontrent-elles la réalité ? S’avèrent-elles justes ? Pour explorer le concept, il nous a paru intéressant de pointer, en regard des opinions les plus fréquentes, quelques propos de personnes en processus d’alphabétisation, relatant des faits fondés sur l’expérience.
Impact des politiques d’activation sur l’accompagnement à la recherche d’emploi. Des exigences aberrantes – Philippe Heinen – Journal de l’alpha no 189 – Mai-juin 2013
Le service Alpha Emploi de Lire et Écrire Bruxelles est confronté à un durcissement du contrôle exercé par les facilitateurs de l’ONEM envers les CCI (chômeurs complets indemnisés) sous contrat d’activation. Ces facilitateurs évaluent de manière de plus en plus stricte et restrictive les preuves des démarches effectuées pour rechercher du travail. Cette attitude entre en conflit avec la manière de travailler du service Alpha Emploi et tend à détourner son action de ses objectifs…
Impact des politiques d’activation sur le secteur de l’alphabétisation. La problématique des attestations d’inscription et de fréquentation exigées par les CPAS, l’ONEM et Actiris – Magali Joseph – Journal de l’alpha no 189 – Mai-juin 2013
Un des effets de la mise en œuvre des politiques d’activation se manifeste au sein des associations bruxelloises d’alphabétisation par une demande accrue, de la part des organismes publics, d’attestations d’inscription et de fréquentation. Ces demandes ont pour but de vérifier l’inscription et la régularité des personnes en formation. Nous donnons ici une idée de l’ampleur du phénomène, ainsi que la position adoptée par Lire et Écrire Bruxelles.
L’activation au sein des CPAS. Un bref aperçu replacé dans son contexte historique – Catherine Bastyns – Journal de l’alpha no 189 – Mai-juin 2013
Les chômeurs ne sont pas les seuls visés par l’accompagnement et le suivi actifs. Les bénéficiaires des CPAS ont également subi ces dernières années une pression croissante visant à les rendre plus « actifs ». L’évolution de la terminologie est révélatrice à cet égard : le « minimex » (minimum de moyens d’existence) s’est transformé en « ’revenu d’intégration sociale » et, de « centres publics d’aide sociale », les CPAS sont devenus des « centres publics d’action sociale ». Un petit retour en arrière montrera cette évolution, qui ne s’est pas faite d’un seul coup.
État social actif : trois mots qui changent la vie des organismes d’ISP – Véronique Kinet – Journal de l’alpha no 189 – Mai-juin 2013
En 1999, Frank Vandenbroucke, alors ministre des Affaires sociales et des Pensions, introduit dans le discours et le débat politique belge un nouveau concept : l’État social actif (ESA) qui se présente comme un nouveau mode opératoire des politiques économiques et sociales. Les mesures proposées cherchent à « accompagner » et à « responsabiliser » individuellement chaque allocataire social. Il s’agit de l’aider à sortir de sa condition et de l’insérer pleinement dans la société par le travail. Le présent article propose un regard sur les impacts de l’ESA et des mesures d’activation des chômeurs sur le secteur wallon de l’insertion socioprofessionnelle.
Dispositif d’insertion professionnelle et menace de sanction. Une analyse psychosociale – David Bourguignon, Ginette Herman, Georges Liénard – Journal de l’alpha no 189 – Mai-juin 2013
Depuis 1994, sous l’impulsion de l’OCDE, les politiques d’insertion professionnelle ont inclus une composante appelée « activation », impliquant de la part des chômeurs la participation à des programmes de formation, à des stages et des démarches de recherche d’emploi. En 2004, ces politiques ont revêtu un caractère obligatoire et entrainé la possibilité d’une sanction. Quels sont les effets de ces mesures, et en particulier le rôle joué par leur caractère obligatoire et coercitif, sur la santé mentale et l’insertion sociale ?

Politiques d’alphabétisation

Cette rubrique comprend toutes les études et analyses permettant de connaitre, de comprendre, d’analyser et d’évaluer les contextes et l’évolution des dispositifs et des politiques d’alphabétisation, ainsi que des études qui, s’appuyant sur celles-ci, portent sur tant sur la manière de développer la prise en compte des analphabètes dans la société que sur les politiques et structures les mieux à même d’accueillir les personnes analphabètes. L’enjeu en est de construire de véritables politiques en matière d’alphabétisation et d’en mesurer les effets.

Généralités

Faut-il catégoriser les publics de l’alphabétisation ? À quelle fin et dans quelle mesure ? – Lire et Écrire en Wallonie – Décembre 2013
Quel est le profil des publics en formation fréquentant une des associations de Lire et Écrire sur le territoire wallon francophone ? Combien de personnes se sont présentées dans une des Régionales, puis ont été réorientées vers d’autres organismes ou inscrites sur des listes d’attente ? Combien sont entrées en formation ? S’agit-il principalement de personnes d’origine étrangère ? Quelle est la proportion de public belge ? Quel est le statut des personnes ? Quel est leur parcours scolaire ? Certains publics sont-ils davantage présents en formation que d’autres ? Et pourquoi ? Quel est le niveau de compétence des personnes au moment de leur entrée en formation ? Et comment ont évolué les publics ces dernières années ?
La persistance de l’analphabétisme en Région de Bruxelles – Capitale – Les Jeudis de l’hémicycle du Parlement francophone bruxellois 23 mai 2013. – Lire et Écrire Bruxelles – Mai 2013
Sans ambitionner de donner un aperçu de l’ensemble des actions qui sont menées en alphabétisation ou en FLE sur la Région de Bruxelles-Capitale ni d’englober l’ensemble des problématiques que rencontrent dans leur quotidien tant les opérateurs de formations que Lire et Écrire Bruxelles, le présent dossier vise à cerner les enjeux qui nous semblaient les plus déterminants pour notre public, les personnes en situation d’analphabétisme, et pour notre secteur, celui de l’alphabétisation. Le 8 septembre 2013 a été la 31e année consécutive qui marque la Journée internationale de l’alphabétisation en Fédération Wallonie-Bruxelles. Les analyses qui suivent analysent l’ampleur et la complexité actuelles de la demande d’alphabétisation et des réponses à y apporter.

30 ans d’alpha. Quelles évolutions ? Quels acquis ? Quels enjeux pour l’alphabétisation en Fédération Wallonie – Bruxelles ?

L’alphabétisation, un droit devenu essentiel – Paul Bélanger – Journal de l’alpha no 190 – Septembre-octobre 2013
Apprendre à lire et à écrire, c’est apprendre à lire sa réalité et à écrire son histoire. C’est une pratique active par laquelle un individu s’approprie des savoirs observés ou transmis, se sensibilise à des réalités moins familières, sort de son identité imposée, se construit comme personne. L’exigence de maitrise des nouvelles technologies de la communication tend à dissimuler cette dimension non moins réelle de la poursuite de la construction de son identité et de son autonomie.
Quelle évolution de l’offre d’alphabétisation ? – Catherine Bastyns – Journal de l’alpha no 190 – Septembre-octobre 2013
Lorsque Lire et Écrire a lancé, le 8 septembre 1983, la première journée de sensibilisation et de revendications pour l’alphabétisation en Fédération Wallonie-Bruxelles, quelque 500 apprenants participaient aux actions d’alphabétisation développées par une vingtaine d’associations pionnières en la matière. Aujourd’hui, plus de 16 000 apprenants participent aux actions développées par plus de 160 opérateurs. C’est cette évolution majeure que cet article analyse.
Hommage aux pionniers – Catherine Bastyns, Sylvie-Anne Goffinet, Catherine Stercq – Journal de l’alpha no 190 – Septembre-octobre 2013
L’acte de naissance de Lire et Écrire remonte au 8 septembre 1983, première journée internationale de l’alphabétisation organisée en Fédération Wallonie-Bruxelles. L’histoire de la formation des adultes commence, elle, bien avant : dès la fin du 19e siècle dans le cadre de l’éducation populaire développée par les mouvements ouvriers, au début du 20e siècle dans le cadre de l’enseignement de Promotion sociale, puis de l’armée. Mais l’histoire fondatrice de l’alphabétisation telle que nous la connaissons aujourd’hui commence dans les années 1960…
Les opérateurs d’alpha, quels profils ? – Catherine Bastyns – Journal de l’alpha no 190 – Septembre-octobre 2013
Cette analyse s’intéresse à quelques caractéristiques des opérateurs et de leur offre d’alphabétisation : la longévité des organismes et les conditions d’émergence des nouveaux, la variété de leurs domaines d’activité, l’importance de l’associatif et la place du bénévolat.
Le temps et le moment. Horaires hebdomadaires et formations suivies le jour ou en soirée – Catherine Bastyns – Journal de l’alpha no 190 – Septembre-octobre 2013
L’horaire suivi et le moment où se déroule la formation se situent à la croisée de l’offre et de la demande. Nos données ne permettent pas de déterminer si l’adéquation entre les deux est optimale à l’échelon local, mais elles montrent toutefois que le secteur de l’alpha offre un large éventail d’horaires, adaptés à différentes situations. Par ailleurs, les formations en soirée suivies par près de 10 % des apprenants répondent, bien qu’encore trop partiellement, aux besoins du public non disponible en journée
Scolarité des apprenants et types de formations suivies – Catherine Bastyns – Journal de l’alpha no 190 – Septembre-octobre 2013
Si la majorité des apprenants a bien un niveau de scolarisation en rapport avec la finalité première du secteur de l’alpha, le fait que près d’un quart du public ait au moins un niveau de diplôme supérieur au CEB doit nous questionner.
Statut socioprofessionnel des apprenants selon la source de leur revenus – Catherine Bastyns – Journal de l’alpha no 190 – Septembre-octobre 2013
Les apprenants sont généralement confrontés à de grandes difficultés dans leur vie quotidienne, et cette situation s’aggrave d’année en année
L’alpha, c’est pas seulement pour les étrangers ? – Catherine Bastyns – Journal de l’alpha no 190 – Septembre-octobre 2013
Les apprenants de nationalité ou d’origine étrangère constituent depuis toujours la grande majorité du public de l’alphabétisation. Ce qui peut s’expliquer par l’histoire du secteur, particulièrement à Bruxelles, par le nombre d’opérateurs qui s’adressent exclusivement à un public de migrants, par la représentation « alpha = migrants », ainsi que par la difficulté à reconnaitre et à comprendre la persistance de l’illettrisme de personnes nées et scolarisées ici.
Apprenantes et apprenants : questions de genre, ou quel genre de question ? – Catherine Bastyns – Journal de l’alpha no 190 – Septembre-octobre 2013
De 1990 à 2010, les femmes sont plus nombreuses que les hommes parmi les apprenants. Il n’en a pas toujours été ainsi mais, dès que la parité s’est rompue en faveur des femmes, leur surreprésentation est allée croissant. Et à cet égard, comme pour d’autres paramètres, la tendance spontanée va en s’accentuant si rien ne l’infléchit dans une autre direction. À côté des questions de genre, se pose pourtant aussi la question de la place des hommes en alpha.
Continuité et changements dans le profil du personnel de l’alpha à Bruxelles et en Wallonie. Évolution de 1990 à 2010 – Catherine Bastyns – Septembre 2013
En 1990, l’enquête réalisée par Lire et Écrire dénombrait 462 intervenants (169 rémunérés et 293 bénévoles) ; vingt ans plus tard, ce chiffre avait triplé, passant à 1 414 (899 rémunérés et 515 bénévoles). D’autre part, comme l’indiquent les chiffres qu’on vient de mentionner, cette augmentation s’accompagne d’une inversion de la proportion de bénévoles par rapport aux travailleurs rémunérés, à mesure que la reconnaissance et le financement de l’alphabétisation par les pouvoirs publics a permis d’engager davantage de salariés. Le profil du personnel reste, au contraire, globalement constant, sauf sur un point : la diversification des fonctions assurées par les travailleurs rémunérés. Cette étude examine plus en détail ce qui change et ce qui se maintient parmi les diverses caractéristiques du personnel.
Les politiques d’alphabétisation en Région de Bruxelles-Capitale et en Région Wallonne. Une lecture d’après la théorie des conventions – David Laloy – Journal de l’alpha no 190 – Septembre-octobre 2013
Cette analyse a pour objectif d’exposer les principaux résultats de l’évaluation des politiques d’alphabétisation en Région de Bruxelles-Capitale et en Région wallonne menée en 2012 par deux sociologues, membres du Groupe interdisciplinaire de recherche sur la socialisation, l’éducation et la formation (GIRSEF).
Évaluation des politiques d’alphabétisation : dans « le meilleur des mondes » – Anne Godenir – Journal de l’alpha no 190 – Septembre-octobre 2013
La théorie des conventions, et plus précisément le modèle des économies de la grandeur, utilisé par l’équipe du GIRSEF dans son évaluation des politiques d’alphabétisation (voir article précédent), présente un intérêt évident. Cependant la focalisation sur l’articulation entre les politiques d’alphabétisation telles qu’elles existent aujourd’hui réduit inévitablement le champ d’analyse…

Alphabétisation des travailleurs

Alphabétisation des travailleurs : quels sont les freins, quels sont les leviers ? – France Neuberg, Laura Lentini, Aurélie Storme, Anne Godenir – Novembre 2013
Lire et Écrire, association créée par les mouvements ouvriers chrétien et socialiste, est ancrée depuis son origine – il y a 30 ans – dans le monde du travail. L’association agit au quotidien pour la reconnaissance du droit à l’alphabétisation pour tous, sans distinction d’âge, de race, de sexe, de religion, de culture et d’origine sociale, et quels que soient les motifs d’entrée et d’engagement en formation des personnes. Ce droit à l’alphabétisation pour tous s’applique donc aussi aux personnes au travail. Quand on estime que la moitié des personnes en situation d’illettrisme ont un emploi on comprend que l’alphabétisation des travailleurs soit un sujet de préoccupation pour l’association. Depuis le début des années 2000, Lire et Écrire multiplie les initiatives pour aborder le monde de l’entreprise. Depuis 2003, la formation en alphabétisation est admise au titre de formation professionnelle ouvrant le droit au congé-éducation payé. Pourtant, l’illettrisme et l’alphabétisation dans le monde de l’entreprise restent des sujets sensibles et complexes. Les chiffres n’ont guère évolué : entre 2005 et 2011, les travailleurs représentent moins de 10 % du total des personnes qui entrent en formation dans les Régionales wallonnes de Lire et Écrire. En 2012, le chiffre passe à 11 %, mais il faudra attendre les données pour 2013 pour confirmer qu’il s’agit d’une réelle évolution. Les travailleurs sont sous représentés. Qui plus est, l’entrée en formation des personnes se fait la plupart du temps en marge de leur travail, en soirée ou en weekend, alors que l’alphabétisation entre bien dans le cadre du droit des travailleurs à la formation continue.

Pratiques d’alphabétisation

Il s’agit de toutes les analyses et études portant sur les aspects plus pédagogiques des modèles d’actions et pratiques d’alphabétisation. Leur enjeu est d’améliorer ceux-ci notamment en soutenant l’écriture et l’évaluation des pratiques ainsi que la production d’outils pédagogiques. Et donc de développer la qualité de l’alphabétisation.

Le développement durable concerne-t-il aussi l’alphabétisation ?

Si tout le monde s’accorde sur l’état d’urgence de la situation planétaire, des dissensions apparaissent lorsqu’il s’agit de mettre en œuvre des solutions. Certains veulent trouver des solutions en cherchant à modifier les habitudes de tous et toutes par l’éducation et la sensibilisation, ainsi que par des mesures d’incitation et de sanction compatibles avec l’économie de marché, sans remise en cause des modes de production. D’autres, au contraire, pensent que l’urgence – et la seule solution- est de construire une alternative radicale au système économique et politique du désastre écologique.

Le développement durable face aux inégalités sociales – Sylvie-Anne Goffinet et Frédérique Lemaître – Journal de l’alpha no 187 – Janvier-février 2013
Si l’objectif de protection de l’environnement semble à priori concerner tout un chacun de manière équivalente (tout le monde peut apporter sa contribution à la lutte contre le réchauffement climatique, par exemple), en réalité, il n’en est rien. Cet objectif va en effet se décliner différemment selon les groupes sociaux. D’où les questions que posent les auteurs de l’ouvrage « Environnement et inégalités sociales » : Comment se répartissent les impacts environnementaux dans une société ? Comment les objectifs et les actions orientés vers la protection de l’environnement peuvent-ils être lus dans le prisme des catégories sociales ? Quels en sont les bénéficiaires et les perdants ? Quels sont ceux qui peuvent faire entendre leur voix et influencer les choix ?
Éducation d’adultes et développement durable – L’expérience du CETHA Socamani (Bolivie) – Jacqueline Michaux- Journal de l’alpha no 187 – Janvier-février 2013
Pendant quatre ans, j’ai travaillé dans un centre d’éducation alternative d’adultes au sein de communautés paysannes aymara du département d’Oruro en Bolivie. Après avoir dressé un aperçu de la situation, je présenterai quelques éléments issus de cette expérience qui nous permettront de mieux cerner les approches du développement durable « par en bas », dans une perspective d’éducation permanente.
Développement durable : avec ou sans misère ? – Thierry Viard, Journal de l’alpha no 187 – Janvier-février 2013
Environnement, écologie, développement durable, qu’évoquent ces mots quand on n’a pas de logement, quand on n’arrive jamais à joindre les deux bouts, quand les enfants échouent à l’école ? Une impossibilité, une arnaque, un luxe, mais aussi un appel à une vraie vie, une exigence de justice, une soif d’avenir fraternel. En témoignent quelques-unes des réflexions échangées lors d’Universités populaires Quart Monde de Wallonie-Bruxelles, d’Île-de-France et d’ailleurs. En dialogue avec des personnes vivant dans la pauvreté, le mouvement ATD Quart Monde s’efforce de créer un partenariat avec des acteurs de la société civile et les pouvoirs publics, au niveau local, national et international, pour que le développement durable ne soit pas séparé de la lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale, et pour que l’expérience des personnes vivant dans la pauvreté soit prise en compte.
Soutenir des actions de développement durable par l’alphabétisation intégrée – Place de l’écrit dans la réalisation d’un projet de développement durable – Hélène Becq – Journal de l’alpha no 187 – Janvier-février 2013
En 2009-2010, Lire et Écrire Hainaut occidental a collaboré à Mouscron avec une régie de quartier à la mise en place d’une action d’alphabétisation intégrée, alliant alphabétisation et projets de développement durable. Pour ce faire, une méthodologie participative a été utilisée. Dans cette approche, centrée sur la question « en quoi l’écriture peut-elle aider la pratique professionnelle ? », le savoir était construit à partir de et à travers la réalisation de projets concrets mis en œuvre collectivement.
Réfléchir et participer à l’avenir d’une société plus écologique et solidaire – Penser et agir autrement : Animations et outils – Murielle Van Bunnen – Journal de l’alpha no 187 – Janvier-février 2013
De mai 2011 à janvier 2012, un cycle de rencontres, intitulé « Penser et agir autrement », a été initié par la Maison du développement durable d’Ottignies-Louvain-la-Neuve. Quelques apprenants et une formatrice de l’antenne locale de Céroux-Mousty (Lire et Écrire Brabant wallon) ont participé à ces rencontres et joué les rapporteurs pour leurs groupes de formation respectifs. Parallèlement, des activités organisées par la Cellule locale de développement communautaire ont permis aux participants d’expérimenter une autre manière de vivre, plus en phase avec le développement durable. Des apprenants y ont également participé.

Devenir lecteur – Des livres pour l’alpha

Des livres pour l’alpha – Catherine Stercq – Journal de l’alpha no 188 – Mars-avril 2013
C’est en lisant que l’on devient lecteur. En lisant des journaux que l’on devient lecteur de journaux. En lisant des romans que l’on devient lecteur de romans… Si l’on peut déplorer que trop souvent encore les livres et la littérature sont absents des formations, la question du choix des livres se pose pour les apprenants, les formateurs et les bibliothécaires persuadés que c’est en lisant que l’on devient lecteur : quels livres pour l’alpha ?
La Traversée, « une épreuve magnifique ». Quand les apprenants participent à la création d’une collection de romans pour tous – Benoit Lemaire – Journal de l’alpha no 188 – Mars-avril 2013
Des apprenants qui éprouvent du plaisir à la lecture de romans, s’ouvrent au monde des livres et se reconnaissent lecteurs, échangent sur leurs référents culturels, s’engagent dans des rencontres à priori improbables avec des écrivains, participent à un processus d’écriture, trouvent une légitimité à s’exprimer dans des champs jusque-là « interdits »… Des auteurs qui, à la lumière de rencontres avec ces apprenants, repensent leur conception de la culture, de la littérature, de leur place dans la société, qui voient leur rapport à la langue bousculé par l’invitation à retourner à l’essence des mots, qui construisent et remanient leur texte… Tels sont quelques-uns des premiers effets visibles de deux années de travail commun autour de la collection La Traversée, une collection de romans pour adultes écrits par des écrivains belges.
Mon destin entre les mains de mon père. Un livre qui vit par ses lectrices et ses lecteurs – Benoit Lemaire – Journal de l’alpha no 188 – Mars-avril 2013
Khadidiatou Diallo, dite Khadia, a vécu un premier mariage précoce au Sénégal où elle est née en 1955. Elle s’est ensuite construit une seconde famille en Belgique. Avec des revanches à prendre sur le passé, et notamment la volonté d’apprendre à lire et à écrire. C’est ainsi que dans les années 90, elle fera un parcours au Collectif Alpha où, en 1995, elle obtient son Certificat d’études de base en présentant un chef-d’œuvre sur les mutilations sexuelles féminines. Car Khadia puise dans sa propre histoire un moteur puissant. Ni contre les hommes, ni contre l’Afrique et ses cultures, elle lutte néanmoins quotidiennement pour améliorer la condition des femmes africaines. Aujourd’hui Kadhia est l’auteure de Mon destin est entre les mains de mon père, une histoire illustrée qui parle de la réalité de la femme africaine…
Des Lettres en alpha – Stéphane Fontaine et Guillaume Petit – Journal de l’alpha no 188 – Mars-avril 2013
Nous nous sommes rencontrés lors d’une formation de formateur, l’un diplômé de philosophie, engagé en littérature, l’autre, écrivain lui aussi et plein d’enthousiasme pour servir la cause de l’alpha. Une même passion, des ambitions similaires qui nous conduisirent naturellement à devenir amis. Très amateur des textes que Stéphane Fontaine me fit lire, je lui proposais de rencontrer Lire et Écrire Luxembourg, porteur du projet La Traversée. Il écrivit un premier jet, puis il abandonna son texte dans un tiroir. Quand plus tard, je l’interrogeai sur ce texte, il me dit la difficulté d’une telle entreprise. Quelques semaines plus tard, je l’invitais à nous exprimer de conserve dans le Journal de l’alpha.
Un livre dans ma maison – Patrick Michel – Journal de l’alpha no 188 – Mars-avril 2013
Au fil des années, le Collectif Alpha a eu l’occasion d’éditer (ou de coéditer) une vingtaine de livres écrits par des apprenants qui sont proposés à la vente par son centre de documentation. Mais, contrairement aux ouvrages pédagogiques, ces livres se vendent assez peu. Certains existent en grande quantité et dorment à la cave dans des caisses depuis parfois de longues années… Que faire de tous ces invendus ? Ne pourrait-on pas leur donner une nouvelle vie en lien avec les besoins, attentes, envies de lecture des apprenants ?
Écrire ? Plaidoyer pour une littérature et un théâtre populaires – Jean Delval – Journal de l’alpha no 188 – Mars-avril 2013
Écrire c’est prendre le temps de la réflexion, de l’interrogation, de la mise à distance. Certains croient cependant que ce n’est pas pour eux, que c’est un truc d’intellos et que, de toute façon, ils n’y arriveraient pas. Pourtant, nous aspirons tous à écrire. Comment dès lors amener un public populaire à prendre la plume ? C’est l’expérience des Éditions du Cerisier qui est le fil conducteur du texte que Jean Delval nous propose ici. Cette maison est issue du Théâtre des Rues qui écrit et joue ses propres textes, qui cherche à développer une culture populaire étroitement liée à la réalité sociale dans laquelle il est implanté. Les Éditions du Cerisier veulent, au niveau de l’écrit, remplir un rôle similaire : publier une littérature populaire de qualité en rapport avec des préoccupations sociales contemporaines et susceptibles d’accroitre le champ social de la lecture.

Citoyenneté et démocratie. Piliers de l’alphabétisation

Du mieux vivre ensemble à une réflexion sur les droits de l’homme – Dany Duchesne, Étienne Kalisa et Jean-Pierre Ndiaye – Journal de l’alpha no 191 – Novembre-décembre 2013
La locale Nord-Ouest de Lire et Écrire Bruxelles, en collaboration avec la commune de Molenbeek-Saint-Jean, a réalisé un fascicule à l’occasion de la Semaine européenne de la démocratie locale.
Bienvenue en Belgique. Cinq thématiques pour aborder la citoyenneté dans un contexte historique – Lydia Tsiolakoudis – Journal de l’alpha no 191 – Novembre-décembre 2013
Comment aborder le concept de la citoyenneté avec des adultes en formation ?
Comment voter quand on ne sait pas lire ? Une campagne de sensibilisation menée avec les apprenants – Cécilia Locmant – Journal de l’alpha no 191 – Novembre-décembre 2013
Quand on ne sait pas lire et écrire et que l’on vit dans un monde où tout est de plus en plus informatisé et automatisé, il n’est pas facile de s’en sortir. Quand il s’agit de voter, c’est-à-dire de prendre part au débat démocratique comme citoyen, le défi est de taille : comment exprimer un choix conscient et éclairé si l’on n’a pas accès à l’information nécessaire pour participer au devenir de sa commune ?
Manifesto. Un cahier de revendications d’apprenants, construit à l’échelle européenne – Pascale Lassablière, Fabrice Ramsey – Journal de l’alpha no 191 – Novembre-décembre 2013
Le projet Eur-Alpha a permis à des apprenants de plusieurs pays européens de réfléchir ensemble, d’identifier les points communs de leur expérience de l’illettrisme et de l’alphabétisation. Ils voulaient que leur réflexion ait une portée politique pour que l’illettrisme disparaisse et que toute personne ait accès librement à la formation en alphabétisation.
8 septembre 2012 en province de Luxembourg. Journal de campagne – Lire et Écrire Luxembourg – Journal de l’alpha no 191 – Novembre-décembre 2013
Pas facile d’aborder les questions politiques en alphabétisation… En cause, de multiples explications qui vont de la complexité de notre système à la crainte d’induire nos propres convictions chez les apprenants en passant par le sentiment de ne pas pouvoir facilement aborder un sujet qui ne nous ou ne les intéresse pas particulièrement…