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La pénibilité au travail : une réalité inéluctable pour les personnes analphabètes ?

Par Iria Galván Castaño, Lire et Écrire Bruxelles

En 2014, Lire et Écrire Bruxelles a réalisé une étude sur l’expérience de travail des personnes analphabètes, Face à l’emploi. Regards de personnes analpha­bètes sur leur travail. Georges, Moussa, Paul, Marina, Silas et Fatoumata nous ont raconté leur parcours professionnel. Même s’ils ont travaillé dans des secteurs professionnels différents, même s’ils ont changé de travail, leurs emplois ont été toujours pénibles. Coïncidence ou fait systémique ? Les personnes analpha­bètes sont-elles contraintes d’accepter un emploi pénible pour s’insérer dans le marché du travail ?

Paru dans La Revue nouvelle no 4. La gauche en ruines, avril 2016.

Ces dernières années, Lire et Écrire Bruxelles a mené différents travaux de recherche sur l’impact des politiques d’activation et sur les freins à l’insertion socioprofessionnelle des travailleurs analpha­bètes. En 2014, nous nous sommes intéressées à l’expérience des personnes analpha­bètes lorsqu’elles sont au travail. Nous avons interviewé six personnes ayant des difficultés de lecture et d’écriture, avec des profils différents en termes de genre, d’origine, d’âge et de secteur professionnel. Pour ces travailleurs, la pénibilité du travail n’est pas une condition temporaire, ponctuelle ou choisie, mais une réalité quotidienne.

Les personnes analpha­bètes sont-elles contraintes d’accepter un emploi pénible pour s’insérer au sein du marché du travail ? Les données de notre étude ne sont pas généralisables. Dans cet article, nous avons donc décidé de les combiner, avec les résultats statistiques de l’Enquête européenne sur les conditions de travail (EWCS) réalisée en Belgique en 2010, afin d’observer si les travailleurs peu diplômés subissent des conditions de travail plus pénibles que les travailleurs moyennement ou hautement diplômés. Nous allons aussi décrire les difficultés spécifiques des personnes analpha­bètes, travailleurs peu – ou voire pas – diplômés, à travers les récits de nos interlocuteurs.

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Suite de l’article disponible auprès de La Revue nouvelle