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06 déce 2018

Les lois anti-discrimination doivent-elles reconnaitre les discriminations liées à l’écrit ?

Par Duygu Celik

Nous vivons dans une société de l’écrit. Les actes du quotidien sont jalonnés d’écrits. Nos rapports sociaux, nos liens avec l’administration, les services que nous utilisons à longueur de journée, il n’y a pratiquement plus aucun domaine de la vie sociale qui ne s’appuie, d’une manière ou d’une autre, sur l’écrit. On peine aujourd’hui à imaginer qu’il puisse en être autrement.

Quelle place cette société laisse-t-elle aux personnes qui ne maitrisent pas la lecture et l’écriture ? De quelles chances disposent-elles d’assurer leur sécurité, leur santé, de s’instruire et de se cultiver, de participer à la vie sociale et politique, de trouver un emploi et de le garder, d’assurer à leurs enfants des conditions meilleures que les leurs ? N’est-ce pas justice que de vouloir lutter contre les discriminations dont souffrent ces personnes au quotidien ?

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Dans les actions développées par Lire et Écrire, à côté de celles qui visent à former les personnes, à développer l’offre d’alphabétisation, à lutter pour que chacun puisse, à tout moment de sa vie et quels que soient ses projets et ses aspirations, avoir accès à l’alphabétisation, il y a un ensemble d’actions qui visent une meilleure prise en compte des personnes en difficulté de lecture et d’écriture.

Thème du Journal de l’alpha no 213, 2e trimestre 2019, ces actions répondent au constat selon lequel les personnes analphabètes ou illettrées souffrent d’une discrimination liée à l’omniprésence de l’écrit dans la société. La prise en compte consiste dès lors, quand c’est possible, à adapter l’environnement, les dispositifs, les outils afin de leur permettre l’accès à un ensemble de services ou d’éviter qu’elles ne soient injustement discriminées. Il s’agit, par exemple, d’encourager les administrations communales, les hôpitaux, les gares… à maintenir des guichets d’accueil là où les services s’informatisent de plus en plus. Il s’agit encore d’amener le FOREM à intégrer plus souvent des éléments pratiques dans les tests permettant d’accéder à certaines formations professionnalisantes. Il s’agit également de veiller à ce que les personnes en difficulté avec l’écrit ne soient pas systématiquement recalées parce que les méthodes pédagogiques ne sont pas adaptées…

Article à paraitre dans le Journal de l’alpha no 213 mais déjà disponible au téléchargement.