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22 mars 2019

Retour sur la manifestation APE du 18 mars 2019

Compte-rendu, revendications et… photos

Nous étions plus de 10 000 participants à la manifestation du 18 mars 2019 pour dénoncer des réformes mettant en péril l’avenir du monde associatif et des services publics, essentiels à la population. Formateurs, travailleurs et apprenants de Lire et Écrire ont battu le pavé, calicots et ballons en main, dans les rues de Namur.

Au cœur des revendications : la réforme des aides à la promotion de l’emploi (APE) et le guide des dépenses éligibles. Deux projets concoctés à la hâte, sans concertation des opérateurs du non-marchand, qui auraient de lourdes répercussions sur le secteur. Et au final, ce sont les personnes bénéficiant de l’aide de toutes ces associations qui supporteront les conséquences.

Pour le mouvement Lire et Écrire, ces réformes représentent une menace sur nos actions d’alphabétisation populaire, nos missions en éducation permanente et sur l’emploi d’un certain nombre de nos salariés. Face à cette réalité, dans chacune des huit régionales wallonnes, nous avons décidé de nous mobiliser activement. Formateurs et apprenants se sont rassemblés pour discuter des enjeux de ces réformes, de l’impact sur eux et sur le monde associatif en général. Au travers d’ateliers, ils ont confectionné des calicots, des banderoles, des slogans, et autre matériel de revendication.

Au total, ce sont plus de 200 salariés et apprenants qui ont tenu à participer à la manifestation. Une importante délégation de Lire et Écrire Bruxelles est venue soutenir leurs collègues wallons dans leur combat.

Le mouvement Lire et Écrire revendique une alphabétisation populaire respectant le projet d’apprentissage de chaque apprenant : apprendre à lire pour suivre la scolarité des enfants, trouver du travail, compléter des documents, exercer ses droits sociaux, sortir de chez soi, se débrouiller seul, mieux comprendre le monde, aller voter… Pour nous, l’alphabétisation n’est pas une fin en soi.

Or, si les textes de réformes sont avalisés, une marchandisation des services à la personne s’opérera. Les enveloppes budgétaires seront distribuées sur base d’appel à marchés publics ouverts au marchand et au non-marchand. Il s’agira de stimuler l’insertion professionnelle de demandeurs d’emploi avec des obligations de résultats. Cette réforme s’inscrit dans une réforme plus large de l’insertion socio­professionnelle en Wallonie, qui au travers de différents mécanismes asphyxient financièrement les associations, réduisent de manière importante leur autonomie d’action. Ces réformes excluront encore plus les publics les plus éloignés de l’emploi tout en intensifiant les contrôles à leur encontre.