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Analyses et études 2015

Les deux analyses et les trente-sept études publiées par Lire et Écrire en 2015.

Introduction

Les analyses et études réalisées par Lire et Écrire ont toutes comme point de départ les problématiques de l’analphabétisme et de l’alphabétisation des adultes et ont toutes comme enjeux de soutenir la réalisation des objectifs de l’association, soit que toute personne qui le souhaite puisse trouver, près de chez elle, une alphabétisation de qualité, répondant à ses besoins mais aussi qu’un jour, il n’y ait plus d’analphabètes.

En Communauté française, les problématiques de l’analphabétisme et l’alphabétisation des adultes ne font pas ou très peu partie des champs de recherche du secteur formel. Ces problématiques ont dès lors été mises en avant et sont étudiées et analysées quasi exclusivement par le secteur associatif, dont Lire et Écrire.

Si toutes nos analyses et études se situent dans le champ de l’alphabétisation, ce champ est large et nos analyses et études traitent de nombreuses thématiques. Elles portent sur la compréhension et la prévention de l’analphabétisme, sur les politiques et sur les pratiques d’alphabétisation.

Nos deux études

Institutionnalisation de l’alphabétisation des adultes en Belgique francophone. En quoi les politiques de l’emploi et la référence à l’employabilité ont-elles modifié le champ ?
Catherine Bastyns, Anne Godenir et Christine Mainguet, In Dynamiques régionales no 2, IWEPS, printemps 2015

L’alphabétisation en Belgique francophone est un domaine d’action qui a émergé il y a une bonne cinquantaine d’années et s’est ensuite régulièrement reconfiguré. Dans cet article, nous examinons l’entrelacs d’initiatives privées et publiques et les tensions qui ont structuré le champ. Nous distinguons trois temps dans le processus d’institutionnalisation. Nous examinons dans quelle mesure ces reconfigurations s’expliquent, d’une part, par les crises économiques et, d’autre part, par des orientations politiques internationales, concrétisées dans ce cadre par les politiques européennes.

Quelles représentations ont les apprenants et stagiaires en alphabétisation de leur parcours de formation vers l’emploi ? Enjeux et défis pour le secteur de la formation ISP-Alpha
Claire Corniquet, Lire et Écrire, avril 2015

Deux ans de recherche et plus de 41 entretiens ont permis de retracer le parcours de formation et professionnel d’apprenants-stagiaires en alphabétisation à Bruxelles. Mêlant apports théoriques et témoignages, cette étude tente de cerner les freins et les adjuvants à l’emploi et à la formation des personnes en difficultés de lecture et d’écriture.

Nos analyses, par thématique

Maitrise de la langue et intégration

Intégration et maitrise de la langue dans la perspective du nouveau décret de la Région wallonne
Anne Godenir et Aurélie Storme, in Journal de l’alpha no 196, 1er trimestre 2015

Le nouveau décret sur l’intégration des personnes étrangères et d’origine étrangère en Région wallonne (PEOE), dont une grande partie concerne l’introduction d’un parcours d’accueil pour les primo­arrivants, s’inscrit dans la lignée du décret bruxellois qui met en œuvre ce même parcours d’accueil. Ce dernier est quant à lui inspiré de l’Inburgering flamand, le parcours d’intégration civique adressé aux primo­arrivants en Communauté flamande. Le parcours d’accueil tel qu’il se dessine dans les trois Régions semble relever d’une vision restreinte de l’intégration avec une focalisation sur l’apprentissage de la langue. Cette focalisation apparait tant au niveau de la mise en place d’un module spécifique d’apprentissage de la langue, qu’à travers le recours à des tests standardisés d’évaluation des compétences linguistiques destinés à évaluer le parcours de formation.

Maitrise de la langue et intégration : au-delà des idées reçues
Els De Clercq, in Journal de l’alpha no 196, 1er trimestre 2015

Les personnes issues de l’immigration ne sont pas (suffisamment) intégrées dans la société belge, voilà un point de vue que l’on entend régulièrement dans l’opinion publique. Voilà également le point de départ d’une recherche menée par Philippe Hambye et Anne-Sophie Romainville à la demande de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Chercheurs et sociolinguistes à l’Université catholique de Louvain (UCL), ils ont interrogé cette évidence et l’ont mise en perspective dans un contexte plus large, celui des fondements et principes démocratiques de notre société plurielle.

Les exigences linguistiques dans le cadre des politiques d’intégration en Europe, et plus particulièrement en Flandre
Catherine Bastyns et Piet Van Avermaet, in Journal de l’alpha no 196, 1er trimestre 2015

Les tests relatifs à la maitrise de la langue et à la connaissance de la société d’accueil sont progressivement devenus un volet incontournable des politiques d’immigration des pays européens. Au point que la réussite de tels tests conditionne l’autorisation de séjour, l’accès au travail, à la nationalité…, parfois même l’entrée sur le territoire.

Lors d’un colloque organisé par Lire et Écrire en décembre 2013 sur le Code de la nationalité, Piet Van Avermaet, professeur à l’Université de Gand, dressait un tableau fort critique de cette évolution des politiques d’immigration. Voici le résumé de sa conférence.

À la lecture de qui précède… Point de vue d’un centre régional wallon d’action interculturelle
Anne De Vleeschouwer, in Journal de l’alpha no 196, 1er trimestre 2015

À l’aune de la Déclaration de politique régionale wallonne ayant annoncé l’obligation d’apprentissage de la langue française, nous proposons ici une brève réaction du CeRAIC (Centre régional d’action interculturelle du Centre)

La langue, archipel de l’ambigüité. Un retour sur une semaine d’ateliers d’écriture et plus…
Pascale Lassablière et Michel Neumayer, in Journal de l’alpha no 196, 1er trimestre 2015

La langue, la meilleure… ou la pire des choses ? La langue, moderne réincarnation de la figure de Janus ? Quand l’une des faces nous ouvre à la rencontre et au partage, l’autre nous confinerait dans une identité bornée, nous enfermerait dans une case essentiellement administrative, nous ouvrirait (ou nous fermerait) un droit ?

Ce questionnement nous a conduits à proposer, dans le cadre de l’Université de printemps 2014 de Lire et Écrire, cinq jours d’ateliers d’écriture sous l’intitulé : L’atelier d’écriture, outil ou défi pour une formation à l’interculturel.

Le retour que nous en proposons ici prend la forme d’un kaléidoscope mêlant descriptifs d’ateliers, réflexions sur le rapport entre « langue » et « intégration », brève mise au point sur ce qu’est et permet l’atelier d’écriture, portraits et témoignages.

Le pouvoir des émotions

L’étonnement : pertinence et pistes pédagogiques pour la formation des adultes
Pauline Gillard et Aurélie Storme, in Journal de l’alpha no 197, 2e trimestre 2015

Nous explorerons le concept d’étonnement tel qu’il est décliné dans plusieurs textes publiés dans ce numéro d’Education Permanente : émotion riche en ce qu’elle nous donne l’occasion non seulement de nous confronter à d’autres modes de pensée mais aussi d’intégrer de nouvelles conceptions, de nouvelles représentations relatives à notre personne ou à notre environnement. Nous poursuivrons en mettant en évidence le propos de quelques auteurs qui montrent que l’étonnement peut être considéré comme le point de départ de toute démarche d’apprentissage. En dernière partie seront présentées quelques propositions didactiques adressées aux acteurs s’impliquant dans la formation d’adultes.

Résilience, vécu émotionnel et apprentissage. Une cohabitation paradoxale
Bruno Humbeeck, in Journal de l’alpha no 197, 2e trimestre 2015

À la fois vecteur d’apprentissage et creuset pédagogique, l’émotion occupe dans le processus d’apprentissage une position paradoxale. Pour cette raison, la maitrise de tout ce qu’elle met en jeu chez celui qui apprend revêt une importance fondamentale. Si l’émotion parait indispensable pour provoquer la mobilisation du sujet, il n’en reste pas moins qu’elle devient fondamentalement nuisible quand elle parasite le rapport au savoir de l’apprenant. Tout est donc non seulement dans ce domaine une question de dosage (ni trop, ni trop peu) mais aussi, et sans doute surtout, une affaire de contrôle (reconnaitre son émotion et la maitriser). Or ce contrôle demeure essentiellement l’affaire de cette forme particulière d’intelligence que l’on appelle communément « l’intelligence émotionnelle ».

Toi émoi
Marylin Demets et Fabien Massé, avec la participation d’apprenants et le soutien d’Anne Godenir, in Journal de l’alpha no 197, 2e trimestre 2015

Quel est le point de vue des apprenants sur la question des émotions ? Quelle place ont-elles dans la formation ? Comment influencent-elles l’apprentissage ? Que ressent-on quand on apprend ? Ce sont toutes questions qui ont été abordées dans deux groupes de formation de Lire et Écrire Hainaut occidental et c’est la première fois qu’elles y étaient abordées aussi précisément. Voici les réponses apportées, ce que nous en avons fait… et les réflexions qu’elles suscitent chez nous, les formateurs…

Des sensations aux émotions dans l’apprentissage d’une langue étrangère
Kim Huynh, in Journal de l’alpha no 197, 2e trimestre 2015

Pourquoi s’intéresser à la place des sensations et des émotions dans l’apprentissage ? Cela fait-il sens d’inclure la dimension sensorielle et émotionnelle dans la pensée didactique ? Si oui, comment articuler sensations et émotions dans la construction de séquences pédagogiques ?

Apports du modèle transactionnel de l’émotion
Régine Oliva, in Journal de l’alpha no 197, 2e trimestre 2015

Le modèle transactionnel de l’émotion permet de donner une autre vision de l’émotion comme étant liée à une activité cognitive et à des schémas comportementaux. La prise de conscience de ces deux aspects (cognitif et comportemental) est valorisante et permet de tendre vers un nouveau bienêtre. L’émotion y est envisagée non plus de manière classique (modèle dominant), comme un ennemi à combattre, à refouler, mais comme un facilitateur pour l’adaptation à l’environnement. Le travail que j’ai mené, à titre expérimental à Lire et Écrire Hainaut occidental avec des apprenants préparant le CEB, a montré toute la pertinence de ce modèle transactionnel pour l’alphabétisation.

Place de l’émotionnel dans un atelier de formation-recherche-action. Du surgissement des émotions vers des pistes d’action
Cécile Bulens, in Journal de l’alpha no 197, 2e trimestre 2015

En avril 2014, seize apprenants et onze travailleurs de l’alpha en provenance de France, de Suisse, des Pays-Bas, d’Espagne et de Belgique se sont réunis pour un atelier Grundtvig dont la thématique était la formation-recherche-action. Huit jours de travail intensif pour s’approprier une méthodologie innovante au service des apprentissages de base.

Lors de cet atelier, la honte a été évoquée. Certains apprenants avaient déjà abordé le sujet à d’autres moments de formation, pour d’autres c’était une nouveauté. Parler de l’émotion ressentie en travaillant cette thématique a permis de franchir une étape dans l’émancipation de ce sentiment d’infériorité, de culpabilité.

Soutien à la parentalité au sein d’un groupe alpha
Anne-Chantal le Polain et Nicole Pirard, in Journal de l’alpha no 197, 2e trimestre 2015

Après deux ou trois mois de cours et une fois la confiance installée, les participantes du groupe de Nicole Pirard, à la maison Couleur femmes de Vie féminine (Etterbeek), ont exprimé leur désarroi face à des difficultés relationnelles avec un de leurs enfants, le plus souvent un enfant majeur domicilié chez elles. Les problèmes semblaient pour certaines tellement inextricables qu’elles se sentaient dans une voie sans issue avec de nombreuses répercussions, y compris sur leur apprentissage, voire même sur leur présence en formation. En concertation avec le groupe, Nicole a fait alors appel à une intervenante extérieure, Anne-Chantal le Polain du service de soutien à la parentalité de l’association Françoise Dolto qui a animé une série de séances de janvier à juin 2014.

Tissages et métissages. Une rencontre… puis des lectures qui apportent un éclairage
Sylvie-Anne Goffinet, in Journal de l’alpha no 197, 2e trimestre 2015

Un lundi de novembre 2014, à l’invitation de Nicole Pirard, j’ai rencontré le groupe d’apprenantes de la maison Couleur femmes d’Etterbeek pour recueillir leur témoignage.

J’ai été touchée ce jour-là par les paroles entendues, la force de vie qui s’en dégageait, d’apprendre comment ces mères de famille se débrouillaient pour sortir le meilleur d’elles-mêmes, avec leur expérience, leurs moyens propres, pour faire face à l’adversité, pour donner sens à leur vie, aussi. Mais ensuite… qu’allais-je faire de ce qu’elles m’avaient dit ? Est-ce que tout n’était pas déjà dit dans l’article dont j’avais reçu une première ébauche ? Les apprenantes s’y exprimaient elles aussi à travers la phase d’évaluation… Alors ?

L’émergence de la subjectivité humaine. L’alphabétisation comme processus d’émancipation
Alain Goussot, in Journal de l’alpha no 197, 2e trimestre 2015

Les pédagogues présentés dans cet article ont tous cherché et expérimenté des pistes pour lutter contre le processus d’aliénation de l’homme par l’homme. Ils ont transformé ce qui apparaissait comme des obstacles insurmontables, les histoires personnelles difficiles et parfois traumatiques (échec scolaire répété, violences psychiques et physiques subies…), en ressources dans le processus d’apprentissage. Ils ont réactivé le désir d’apprendre par la mise en œuvre d’une dynamique pédagogique en lien avec l’expérience subjective et affective de la personne pour lui permettre de rebondir et de redonner un nouvel élan à sa trajectoire de vie.

Comment prendre en compte la dimension émotionnelle dans la relation pédagogique ?
Catherine Favre, in Journal de l’alpha no 197, 2e trimestre 2015

Comment l’apprenant sait-il qu’il a compris ? Quelle est la contrepartie dans sa vie intérieure, dans ses émotions, dans son corps, de son activité de compréhension ? L’expérience scolaire témoigne souvent d’une difficulté de prendre en compte l’affectif de l’apprenant – comme celui du formateur – au sein du processus d’apprentissage.

Le propos de cet article est de baliser quelques pistes pour tenter de réhabiliter l’intelligence émotionnelle chez le formateur d’abord. Ainsi le formateur qui aura développé en lui-même des aptitudes en ce sens sera en capacité de permettre aux apprenants de faire de même, et à la relation pédagogique de tout à la fois épanouir et contenir sa dimension émotionnelle.

Se former : liberté ? Contrainte ?

Un front associatif contre la traque aux « fraudeurs » et la formation contrainte
Anne Godenir, Aurélie Storme, Hanifé Catalkaya, Isabelle Demortier et Jacques Destordeur, in Journal de l’alpha no 198, 3e trimestre 2015

De l’accueil et l’accompagnement individuel à la suspicion, la stigmatisation et au contrôle des personnes en recherche d’emploi et en formation… C’est le glissement qu’on observe ces dernières années, notamment à Verviers, et qui touche au premier chef les personnes étrangères et d’origine étrangère dans un contexte de méfiance généralisée, attisée par les évènements de ce mois de janvier 2015. Cet article considère les tenants et aboutissants de cette tendance forte à l’activation à tout prix, et présente le mouvement associatif qui s’est mis en branle, à Verviers, pour redonner la priorité au droit à la formation, dans le respect de la dignité des personnes.

Politiques d’activation : impacts sur la demande de formation et dérives
Pauline Gillard et Anne Godenir, in Journal de l’alpha no 198, 3e trimestre 2015

Lorsqu’on analyse les données statistiques dont disposent les régionales de Lire et Écrire en Wallonie, on observe une évolution du public fréquentant les formations en alphabétisation. Ainsi, au début des années 2000, les personnes au foyer ou demandeuses d’asile – principalement des femmes – constituaient le public majoritaire de ces formations. Or, depuis le début des années 2010, les hommes de nationalité belge, bénéficiaires d’allocations de chômage ou du revenu d’intégration sociale, sont devenus significativement plus nombreux à s’inscrire en formation. On observe également depuis quelques années que certaines personnes sont amenées à suivre ces formations sous la pression, voire la menace de perdre leurs allocations. Nous relions ces évolutions à celle des politiques d’emploi, désormais qualifiées de « politiques d’activation », mises en place, dans notre pays, à partir des années 2000.

Rendre compte de son comportement quand on est chômeur ou usager de CPAS. Assujettir au lieu d’émanciper
Hugues Esteveny, in Journal de l’alpha no 198, 3e trimestre 2015

Chômeurs et bénéficiaires de l’aide sociale doivent rendre compte de leur comportement. Les organismes publics dont ils relèvent multiplient les exigences à leur égard et se donnent les moyens de contrôler leur promptitude à les satisfaire. Les associations dans lesquelles ils se forment ou qui les aident dans leur recherche d’emploi sont enrôlées bien malgré elles dans cette dynamique infernale. On leur demande d’attester si ces publics adoptent effectivement les comportements attendus…

L’activation des CPAS
Philippe Defeyt, in Journal de l’alpha no 198, 3e trimestre 2015

On l’oublie trop souvent mais les CPAS ont été les premiers acteurs sociaux à (devoir) appliquer les orientations/recommandations de l’État social actif et, ce, dès la loi du 26 mai 2002 sur le Droit à l’intégration sociale. Une mission lourde de conséquences…

Derrière la contrainte, trouver de la liberté
Benoît Lemaire, in Journal de l’alpha no 198, 3e trimestre 2015

Trouver la liberté derrière la contrainte, c’est ce qui est arrivé à Michel (prénom d’emprunt), pour qui l’école et les apprentissages de base n’avaient pas été une réussite jusque-là. À la suite d’une série de facteurs externes, dont la pression de l’assistant social du CPAS qui lui avait octroyé un revenu d’intégration (RIS), mais aussi personnels, Michel a fini par s’inscrire en formation d’alphabétisation, à y rester, à progresser… Derrière la contrainte – plutôt bienveillante dans le cas de Michel – s’ouvre donc pour certains un espace de réorientation, de reprise en main d’un parcours de vie…

Contrainte et liberté, des antonymes ? En tout cas pas autant que le sont noir et blanc
Adèle Fourneau et Pierre Mercier, in Journal de l’alpha no 198, 3e trimestre 2015

Suite à l’appel à contribution lancé par la rédaction du Journal de l’alpha sur la question de la contrainte et de la liberté de se former, nous avons proposé de réaliser une animation-débat dans un groupe en formation dans notre régionale (Hainaut occidental). Outre l’intérêt de relayer auprès des lecteurs du journal ce que vivent et pensent les apprenants, cette activité nous semblait intéressante pour amener la réflexion dans le groupe. La discussion lors de cette séance de formation nous permettra par la suite de réfléchir ensemble aux apprentissages que l’on peut mener en formation, à la manière de fonctionner et aux perspectives que les apprenants se fixent afin de donner toute sa pertinence au dispositif de formation.

De quelle liberté parle-t-on ? Regards croisés sur les trajectoires de trois stagiaires en alpha-ISP
Émilie Brébant et Mathieu Danero, in Journal de l’alpha no 198, 3e trimestre 2015

Liberté ou contrainte de se former ? Il est vrai que la question est souvent posée au sein des associations et parmi les formateurs. La contrainte est-elle un facteur bloquant dans le processus d’apprentissage des apprenants ? On est évidemment en droit de se demander si une personne qui se retrouve dans une classe d’alphabétisation parce qu’elle y est contrainte (que ce soit par un CPAS ou, à Bruxelles, par Actiris), avec un minimum de 20 heures pour être dispensée de recherche d’emploi sera dans les mêmes dispositions qu’une personne qui se trouverait en formation par choix personnel. La question de la liberté et de la contrainte peut cependant être envisagée sous un autre angle…

Lire et Écrire en campagne contre l’État social actif
Cécilia Locmant, in Journal de l’alpha no 198, 3e trimestre 2015

Pour la troisième année consécutive, Lire et Écrire a décidé de consacrer sa campagne de sensibilisation du 8 septembre à dénoncer les exclusions de plus en plus fortes que vivent les personnes en difficulté avec l’écrit dans de nombreuses sphères de la société, et principalement celles de la formation et de l’emploi. Un choix qui s’inscrit dans notre volonté d’informer et de faire prendre conscience au grand public en quoi les politiques d’activation actuelles sont souvent incohérentes, et particulièrement surréalistes pour les personnes peu qualifiées ou en situation d’analphabétisme.

Pratiques coopératives et collaboratives

Pratiques coopératives. Concepts et place dans le champ de l’alphabétisation populaire
Aurélie Storme, in Journal de l’alpha no 199, 4e trimestre 2015

Coopération, collaboration, coordination… Ces concepts qui réfèrent au « travailler ensemble » sont couramment utilisés dans le domaine de l’alphabétisation. Que met-on derrière ces notions ? Quelles nuances existent entre elles ? Et quel sens a le travail collectif dans un mouvement d’alphabétisation populaire tel que Lire et Écrire ?

Coup d’œil dans le rétroviseur. Moments-clés, moteurs et freins du travail en équipe
Frédéric Maes, in Journal de l’alpha no 199, 4e trimestre 2015

Ce n’est pas un hasard si l’association où je travaille depuis 20 ans a été baptisée Collectif d’alphabétisation. Créée à la fin des années 60 par des militants belges et marocains, la notion d’action collective était alors « naturellement », ou plutôt « socialement », au cœur du projet. Bien que moi-même enfant de 68 et partageant avec mon institution et l’ensemble du secteur de l’alphabétisation le souhait d’une société plus juste et plus démocratique, mon tempérament serait quant à lui plus solitaire.

En prenant du recul, je vais tenter en quelques pages de tracer les grandes lignes de ce que m’a cependant apporté ce « travail collectif obligatoire » depuis 20 ans.

Échange de pratiques au sein d’une équipe de travailleurs. Regard sur une expérience coopérative en alpha
Anne Godenir et Aurélie Storme, à partir d’un entretien avec Sophie Ferreira, Laurent Hannecart et Nathalie Rozza, in Journal de l’alpha no 199, 4e trimestre 2015

Entre 2012 et 2014, une recherche-action a été menée à Lire et Écrire Centre-Mons-Borinage sur l’articulation entre les objectifs d’émancipation de Lire et Écrire, les enjeux d’intégration au marché du travail et ceux de l’apprentissage des savoirs de base. Dans son prolongement, l’équipe de la Régionale a décidé de mettre en place un projet d’échange de pratiques structuré, balisé dans le temps, organisé et animé avec le soutien d’intervenants extérieurs.

Travail collaboratif en construction(s)
Thierry Barez et Émilie Steffens, in Journal de l’alpha no 199, 4e trimestre 2015

À l’heure où le mode de fonctionnement managérial s’immisce dans le secteur social, le « travail collaboratif » constitue un projet possible d’association. Dans cet article, nous allons nous intéresser à la manière dont ce travail est, au CEDAS, présent dans nos pratiques, au quotidien et la façon dont nous le percevons à partir de positions différentes dans l’organigramme de notre association.

Un laboratoire de formation non formelle mis en place avec les apprenants
Charlotte Faure, in Journal de l’alpha no 199, 4e trimestre 2015

Maillon de la Chaîne des savoirs (France), l’association Par Chemins, née en 2011, milite pour le droit de réapprendre les savoirs de base à tout âge. À travers une organisation de type coopératif, basée sur le « tous capables », c’est-à-dire tous capables de participer à la discussion et à la prise de décision, l’ensemble des membres, apprenants et alliés, construisent ensemble des projets qui relèvent à la fois de la recherche, de la formation et de l’action. De la recherche puisque ces projets sont expérimentaux tant au niveau méthodologique que des retombées sur le terrain. De la formation puisque leur mise en place participe pleinement à la formation aux savoirs de base des personnes en situation d’illettrisme. De l’action enfin puisque leur finalité est le changement social à l’échelle territoriale.

Vers une écriture plus coopérative pour le Journal de l’alpha
Sylvie-Anne Goffinet, in Journal de l’alpha no 199, 4e trimestre 2015

Le Journal de l’alpha est le périodique d’un mouvement d’éducation permanente qui vise une transformation sociale à travers une alphabétisation populaire. Pourtant, ses modalités de rédaction diffèrent peu de celles de la toute grande majorité des revues. Des modalités qui bien souvent reproduisent le rapport social dominants-dominés qui traverse la production des écrits : d’un côté ceux qui écrivent et de l’autre ceux à qui sont destinés ces écrits ; d’un côté ceux qui transmettent leurs savoirs et leurs réflexions sur le monde, la société, de l’autre ceux qui reçoivent ces savoirs et ces réflexions sans pouvoir diffuser les leurs. Est-il possible de rompre avec ce modèle en promouvant une écriture plus populaire, voire en recourant à l’oral, pour que le Journal de l’alpha soit davantage en phase avec le projet d’émancipation collective de Lire et Écrire ?

Un réseau régional sur le droit à l’alphabétisation. Illustration concrète d’une coopération entre partenaires
Anne Godenir et Aurélie Storme, sur base d’un entretien avec Anne Dauby, Michel Delré, Hugues Henry et Éric Zanardi, in Journal de l’alpha no 199, 4e trimestre 2015

En 2013, à l’occasion du 30e anniversaire de la Journée internationale de l’alphabétisation en Fédération Wallonie-Bruxelles, et à l’initiative de Lire et Écrire Liège-Huy-Waremme, le Réseau liégeois d’alphabétisation a repris une vigueur nouvelle, avec la mise sur pied d’une série d’actions destinées à célébrer cet évènement. Depuis, les actions communes se sont multipliées, portées par un désir partagé de coopérer davantage, tant sur le champ de la sensibilisation, à la fois vers le grand public et vers le politique, que sur les champs de la formation et de l’accompagnement pédagogique et méthodologique des travailleurs.

Alpha-tic.be. Un site pour renforcer le travail collaboratif entre formateurs
Fabien Masson, in Journal de l’alpha no 199, 4e trimestre 2015

Constatant le déficit d’outils et de méthodologies utilisant les technologies de l’information et de la communication (TIC) en alpha, les formateurs TIC de Lire et Écrire Bruxelles ont créé un site visant à partager leur expérience acquise sur le terrain. Plus que de mettre simplement des préparations de cours en ligne, il s’agissait de proposer des fiches pédagogiques élaborées collectivement sur base d’expériences individuelles. Il s’agissait également d’animer un lieu de partage où tout formateur peut apporter sa contribution pour construire ensemble une approche des TIC en alpha

Politiques européennes

La gouvernance économique et sociale de l’Union Européenne. La zone Euro de 2000 à aujourd’hui
Antoine Daratos, novembre 2015

Le cadre européen de politique économique, dans lequel évoluent les États membres de la zone euro, constitue le sujet de cette analyse.

S’il est important pour le secteur de bien cerner les contraintes qu’il impose et les directions qu’il imprime, c’est que celles-ci déterminent à leur tour les logiques qui seront appliquées en matière de politiques du marché du travail et sociales, à la croisée desquelles se trouvent l’éducation et la formation des adultes, et donc l’alphabétisation.

L’Union européenne : présentation générale
Antoine Daratos, novembre 2015

Le présent document se veut une aide à la compréhension des analyses et études à venir produites par Lire et Écrire Communauté française sur l’Union européenne. Il poursuit donc un double but. Premièrement, présenter l’Union européenne dans ses grandes lignes, pour faciliter l’intelligibilité d’analyses plus spécifiques (sur la gouvernance économique, les politiques d’éducation pour adultes, l’immigration, etc.) Deuxièmement, identifier les acteurs impliqués dans les processus politiques qui intéressent Lire et Écrire. Le texte se divise en deux parties principales : d’abord, la présentation des différentes institutions et de leur fonctionnement. Ensuite, l’exposé des principales procédures de prise de décision utilisée au niveau de l’Union.

Politiques d’alphabétisation

Bien plus que lire et écrire, l’impact de l’alphabétisation sur la vie des personnes
Anne Godenir et Aurélie Storme, communication au colloque d’Initiales Illettrisme et construction de soi

Chaque année, environ 16 000 personnes s’investissent dans un processus d’alphabétisation en Communauté française de Belgique, dont 5 000 dans les formations organisées par Lire et Écrire. Pourquoi ces personnes entrent-elles en formation ? Que cherchent-elles ? Que trouvent-elles ? Quelle est la conséquence du processus d’alphabétisation sur leur vie ? Ces questions ont fait l’objet, à Lire et Écrire, de plusieurs enquêtes sur l’impact de l’alphabétisation auprès des personnes, selon une méthodologie d’évaluation participative qui permet d’éclairer la globalité de l’action et de ses effets.

La formation concomitante : une alternative à l’approche séquentielle du parcours de formation des personnes illettrées
Anne Godenir et Aurélie Storme, janvier 2015

Cette analyse explore les dispositifs de formations concomitantes mis en place dans le cadre de partenariats entre CISP et organismes d’alphabétisation pour faciliter le parcours des stagiaires en situation d’illettrisme.

Le Code de la nationalité

Le Code de la nationalité de 2012 : une politique de l’État social actif
Sylvie-Anne Goffinet, mars 2015

L’objectif affiché de cette réforme du Code de la nationalité (loi du 4 décembre 2012 modifiant le Code de la nationalité belge) est de rendre son acquisition « neutre du point de vue de l’immigration » selon l’intitulé même de la loi, c’est-à-dire qu’un étranger ne peut prétendre à l’obtention de la nationalité belge qu’à partir du moment où il jouit d’un statut de séjour stable sur le territoire. La nationalité ne peut en aucun cas constituer un moyen d’obtenir un titre de séjour ou de consolider le statut administratif de l’étranger. Dans les faits (est-ce son objectif caché ?), elle limite drastiquement le nombre de « nouveaux » belges en sélectionnant ceux qui se trouvent en bonne place dans l’échelle socioéconomique et peuvent apporter de la « valeur ajoutée » à la société belge. Ce qui n’est pas sans nous rappeler le programme officiel de l’ex-président Sarkozy qui entendait substituer l’immigration « choisie » à l’immigration « subie »…

Le code la nationalité de 2012 : une politique qui rend l’accès impossible pour les personnes analphabètes
Sylvie-Anne Goffinet, mars 2015

La loi du 4 décembre 2012 modifiant le Code de la nationalité belge est entrée en vigueur le 1er janvier 2013. Cette loi apporte des changements qui restreignent de manière importante l’accès à la nationalité des personnes d’origine étrangère. Pour le public en situation de précarité sociale et économique, et en particulier pour le public analphabète, cette loi est lourde de conséquences.