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Lire et Écrire dénonce des politiques d’activation discriminatoires pour les personnes faiblement qualifiées

En réponse à une consultation publique par la Commission européenne

En réponse à une consultation publique lancée par la Commission européenne sur les politiques d’accompagnement des chômeurs de longue durée, Lire et Écrire Communauté française a fait part de ses préoccupations et revendications concernant les politiques d’activation.

Celles-ci ne tiennent pas compte des difficultés spécifiques de nos publics, qui sont souvent sanctionnés à deux niveaux : par l’ONEM, mais aussi par le manque d’emplois peu qualifiés, la faiblesse de l’offre de formation et l’augmentation des exigences en matière de compétences sans lien avec le travail demandé.

Activation et formation

Alors qu’une intensification des contrôles et de la surveillance des chômeurs est souvent présentée comme la solution au problème du chômage, Lire et Écrire insiste sur l’importance de tenir compte de la pénurie désormais chronique d’emplois, un phénomène dont les chômeurs ne sont pas responsables. De même, la pénurie de places en formation fait perdre tout sens aux mesures d’activation, les opérateurs ne pouvant même pas satisfaire les demandes spontanées qui leur sont adressées. Enfin, s’il est nécessaire de mieux coordonner les différents services d’accompagnement des chômeurs, cela ne doit pas aboutir à une confusion des rôles : actuellement, il est demandé aux organismes de formation de contrôler et de surveiller leurs publics, ce qui nuit à la qualité de l’accompagnement.

Prendre en compte les spécificités des personnes en difficulté avec l’écrit

La nécessité d’un accompagnement individualisé, justement souligné par la Commission, doit prendre la forme d’une prise en compte des besoins et des difficultés particulières des publics de l’alpha : difficultés face aux aspects écrits de la recherche d’emploi, difficultés à accéder à la validation des compétences professionnelles sans passer par l’écrit, sentiments d’angoisse et d’humiliation devant la complexité croissante des procédures administratives, etc.

Or Lire et Écrire note qu’au contraire, les dispositifs actuels se caractérisent par des exigences toujours plus lourdes en matière de preuves écrites, par des contrôles basés beaucoup plus sur la menace de la suspension des allocations que sur une démarche de soutien, par la signature de contrats d’activation sous la menace et souvent sans que les personnes aient bien compris ce à quoi elles s’engageaient, etc. Dans un contexte de chômage structurel et de déficit de l’offre de formation, ces mesures relèvent non de l’accompagnement mais d’une politique discriminatoire pour les personnes en difficulté avec les compétences de base (lire, écrire, calculer, s’exprimer dans la langue du pays).

Une politique de mobilisation et non d’agitation stérile

Lire et Écrire insiste sur la nécessité de développer l’offre de formation, d’augmenter les moyens matériels alloués aux opérateurs de terrain, d’augmenter le nombre d’actions adaptées d’aide à la recherche d’emploi et d’accroitre la durée des formations en fonction des besoins des personnes pour leur permettre d’accéder à des emplois qualifiés. C’est uniquement en allant dans ce sens, et non dans celui d’une plus grande responsabilisation des chômeurs, qu’une action décidée de la part de l’Union européenne serait efficace et souhaitable.

Voir aussi la prise de position de Lire et Écrire en Wallonie.

Illustration : d’après work, Pierre Metivier, licence CC by-nc 2.0.