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Analyses et études 2017

En 2017, Lire et Écrire a publié deux analyses et trente-neuf études.

Introduction

Les analyses et études réalisées par Lire et Écrire ont toutes comme point de départ les problématiques de l’analphabétisme et de l’alphabétisation des adultes et ont toutes comme enjeux de soutenir la réalisation des objectifs de l’association, soit que toute personne qui le souhaite puisse trouver, près de chez elle, une alphabétisation de qualité, répondant à ses besoins mais aussi qu’un jour, il n’y ait plus d’analphabètes.

En Communauté française, les problématiques de l’analphabétisme et l’alphabétisation des adultes ne font pas ou très peu partie des champs de recherche du secteur formel. Ces problématiques ont dès lors été mises en avant et sont étudiées et analysées quasi exclusivement par le secteur associatif, dont Lire et Écrire.

Si toutes nos analyses et études se situent dans le champ de l’alphabétisation, ce champ est large et nos analyses et études traitent de nombreuses thématiques. Elles portent sur la compréhension et la prévention de l’analphabétisme, sur les politiques et sur les pratiques d’alphabétisation.

Nos deux études

Ce rapport s’appuie sur les analyses croisées des données recueillies auprès des apprenants. La première partie précise le contexte de la recherche-action, les objectifs poursuivis et les questions de recherche ainsi que la méthodologie adoptée. La deuxième partie présente les résultats et analyses générales de la recherche. La troisième partie se penche quant à elle sur les freins et ressources pour la formation. Enfin, ce rapport se termine par l’analyse des premiers effets sur les pratiques et quelques pistes de recommandation.

Concepts de chômeurs « MMPP » / « PMS »
Quels impacts pour le public en situation d’illettrisme
par Els De Clercq, Aurélie Storme, Sylvie-Anne Goffinet
décembre 2017

Ce sont souvent les moins qualifiés qui accèdent le plus difficilement à un premier emploi ou n’arrivent pas à retrouver un emploi après avoir travaillé de plus ou moins nombreuses années . Chômeurs de longue ou de très longue durée, les programmes d’activation les orientent notamment vers les formations, dont celles d’alphabétisation. Mais même menées jusqu’à leur terme, ces formations ne débouchent pas pour tous – loin s’en faut ! – sur l’emploi : ils sont « seulement » devenus un peu plus compétitifs sur un marché de l’emploi largement déficitaire, même si des métiers en pénurie existent. D’où une tendance dans le chef des pouvoirs publics à segmenter la catégorie globale des « chômeurs » en la divisant en catégories distinctes nécessitant un traitement différencié. Les catégories « MMPP » , « PMS » , « chômeurs ayant plus de 33 % d’inaptitude permanente au travail » en font clairement partie. Ciblant particulièrement les personnes qui (ré)accèdent (très) difficilement à l’emploi, le lien avec le public de l’alphabétisation, peu ou pas diplômé, peu qualifié ou dont les qualifications ne sont pas reconnues, apparait rapidement. Ce qui incite à aller y voir d’un peu plus près…

Le questionnement à l’égard de ces nouvelles catégories de chômeurs s’est par ailleurs d’autant plus posé au sein de notre Mouvement, dès lors que des apprenants des Régionales wallonnes comme des Centres alpha bruxellois de Lire et Écrire ont eux-mêmes amené la question dans le cadre de leur formation en alphabétisation, et ce de différentes manières.

À propos des facteurs qui influencent la persévérance et la fréquentation des apprenants en alpha
Étude exploratoire au sein de Lire et Écrire Bruxelles
par Iria Galván Castaño
décembre 2017

Être présent ou retourner en formation en alphabétisation, s’absenter voire abandonner… Dans cette étude exploratoire, nous analysons les facteurs qui influencent la persévérance et la fréquentation des apprenants en alpha.

30 personnes interviewées, une revue approfondie de la littérature existante et un regard critique alimentent cette recherche ; afin non seulement de rendre compte de la complexité des facteurs en jeu, mais aussi d’expliquer en quoi et pour qui les diverses absences des apprenants en formation sont problématiques.

Nos analyses, par thématique

Religion et laïcité

La question religieuse, ils la vivent tous les jours… en tant que formateur/trice, mais aussi en tant que citoyen(ne)
Rencontre avec Nadia El Hadri, Fatiha Sabi, Jamila Zeamari, Denis Marchat, Jacqueline Michaux
par Sylvie-Anne Goffinet
In Journal de l’alpha no 204, 1er trimestre 2017

Rencontre au Centre alpha de Molenbeek Dubrucq entre des formateurs pour un échange atour de la place de la religion/laïcité dans leur pratique.

Le sacré, le sien et celui de l’autre
et
Le sacré, le sien et celui de l’autre (II)
par Cedric Tolley, Valérie Laloux
In Journal de l’alpha no 204, 1er trimestre 2017

Il s’agit, dans ce double article, de relater une expérience de formation, menée par des travailleurs de Bruxelles laïque, ayant pour but de faire réfléchir à la notion de sacré dans un contexte de lutte contre le « radicalisme ».

Pratique religieuse et intégration
Une analyse aux résultats interpelants
par Sylvie-Anne Goffinet
In Journal de l’alpha no 204, 1er trimestre 2017

Comment expliquer que la pratique religieuse des populations de confession musulmane n’est pas un frein à l’intégration ? Comment expliquer que, sur certains plans, les plus jeunes nés en Belgique apparaissent comme moins intégrés que leurs ainés ? Quel est le rôle des discours et des dispositifs mis en place par les politiques sur l’intégration des populations d’origine immigrée ?

La réponse à ces questions nous mènera vers des perspectives bien différentes de celles qui sont actuellement débattues par les politiciens et les médias…

Les musulmans de Belgique
Passer la photo dans le révélateur
par Sylvie-Anne Goffinet
In Journal de l’alpha no 204, 1er trimestre 2017

Les Belgo-Marocains et les Belgo-Turcs, soit l’ensemble des personnes d’origine marocaine et turque nées ou non en Belgique, constituent les deux groupes les plus importants de confession musulmane en Belgique. Comment ces personnes définissent-elles et surtout vivent-elles leur attachement à l’islam ?

Le défi de la diversité convictionnelle dans l’éducation permanente : chercher le plus grand dénominateur commun
par Nathalie Denies
In Journal de l’alpha no 204, 1er trimestre 2017

Afin de concilier le principe de liberté convictionnelle avec d’autres droits fondamentaux, Unia (Centre interfédéral pour l’égalité des chances) plaide pour la mise en œuvre du concept du « plus grand dénominateur commun » (PGDC). Ce qui veut dire que, suite à une demande individuelle s’appuyant sur des bases convictionnelles (alimentation spécifique, adaptation d’horaire, etc.), la réponse donnée doit non seulement apporter satisfaction au demandeur, mais aussi présenter un bénéfice pour tous.

Faire vivre les principes de la laïcité dans des groupes d’expression et d’alphabétisation
Entretien avec Cedric Tolley et Valérie Abdou Morsi
par Antoine Daratos
In Journal de l’alpha no 204, 1er trimestre 2017

Croisant leurs regards sur les réalités vécues par leurs publics et sur leurs propres pratiques de travail, Cedric et Valérie affinent des constats et une réflexion commune : les spécificités de leur travail dans le cadre institutionnel de Bruxelles laïque, les principes qui dirigent leur action et le rapport du public avec les principes mis en œuvre au sein des ateliers qu’ils animent…

Mettre en place une discussion qui ne soit pas un simple débat d’idées
par Véronique Delille
In Journal de l’alpha no 204, 1er trimestre 2017

Pourquoi aborder des questions d’opinion, de société, de laïcité avec un groupe d’apprenants ? Quels peuvent être les objectifs ? Quelles sont les grandes lignes de la posture nous permettant d’offrir un cadre bienveillant et pourtant exigeant à ces discussions, sans pour autant imposer nos idées ? Quelques principes épistémologiques peuvent nous aider à répondre à ces questions.

Si les amalgames étaient contés…
par Émilie Pellin
In Journal de l’alpha no 204, 1er trimestre 2017

À l’instar de l’ensemble de la population, des apprenants ont été bouleversés par les attentats de Paris et de Bruxelles. Impossible d’éviter le sujet. Mais la difficulté résidait dans le « comment ». Comment aborder ce sujet si lourd, que l’on ne maitrise pas soi-même ? Et comment traiter ces horreurs commises « au nom de l’islam » avec un groupe de personnes de confession musulmane ?

Comment on apprend

L’apprentissage chez les adultes est-il vraiment spécifique ?
par Maria-Alice Médioni
In Journal de l’alpha no 205, 2e trimestre 2017

Un adulte n’apprend certainement pas comme un enfant. C’est de l’ordre de l’évidence, mais comme toutes les évidences, cela mérite d’être interrogé. Lorsqu’on consulte la littérature du domaine, on trouve plusieurs travaux qui proposent un certain nombre de spécificités quant à l’apprentissage des adultes, au point que l’on a vu surgir, face à la pédagogie, le nouveau concept d’andragogie.

Recherches et méthodes de recherches
par Catherine Stercq
In Journal de l’alpha no 205, 2e trimestre 2017

Des « recherches en neurosciences » aux « recherches participatives en croisement des savoirs », les champs de recherches qui intéressent nos pratiques d’alphabétisation sont larges et leurs méthodes diversifiées. La médiatisation des neurosciences et des titres accrocheurs, tels que Que se passe-t-il dans le cerveau de guérilleros colombiens qui apprennent à lire ?, ne doit pas occulter les nombreuses autres recherches qui ont été et sont menées dans les nombreux domaines qui touchent aux questions de l’« apprendre » et du « faire apprendre », tant dans le contexte de la scolarité que dans notre contexte d’alphabétisation des adultes.

Aujourd’hui, une toute nouvelle discipline, les « neurosciences de l’éducation » dont l’objectif est de mieux faire connaitre le cerveau et les processus cognitifs qui lui sont attachés, suscite de nombreuses questions et débats. Dont la question de savoir si les neurosciences sont – et à quelles conditions – capables de rendre les pratiques de formation plus efficaces, permettant ainsi de mieux soutenir l’apprentissage d’autrui. Questions et débats mais aussi violents conflits.

Comment apprendre et pourquoi ?
Entretiens avec Anita Mahillon
par Guillaume Petit
In Journal de l’alpha no 205, 2e trimestre 2017

Apprendre c’est en premier lieu s’autoriser à apprendre. C’est la combinaison de plusieurs facteurs qui déclenche le premier pas dans l’apprentissage : penser qu’on a une chance de réussir, le degré d’importance qu’un apprentissage a pour celui qui l’apprend, le cadre rassurant du lieu de formation où l’on ose l’essai-erreur, l’accompagnement ou l’aide promulgué par les autres membres du groupe et le formateur, le rôle de la contrainte, le temps laissé à la découverte, au questionnement, à la recherche de sens… sans oublier le plaisir.

« Apprendre » et « faire apprendre »
par Catherine Stercq
In Journal de l’alpha no 205, 2e trimestre 2017

Aujourd’hui, une toute nouvelle discipline, les « neurosciences de l’éducation » dont l’objectif est de mieux faire connaitre le cerveau et les processus cognitifs qui lui sont attachés, suscite de nombreuses questions et débats. Dont la question de savoir si les neurosciences sont – et à quelles conditions – capables de rendre les pratiques de formation plus efficaces, permettant ainsi de mieux soutenir l’apprentissage d’autrui.

Quand la recherche vient éclairer la pratique des formateurs en alpha
La rencontre de deux mondes qui s’intéressent l’un à l’autre

Entretien avec Frédérique Bihet et Daniel Faulx
par Els De Clercq
In Journal de l’alpha no 205, 2e trimestre 2017

Daniel Faulx et Cédric Danse ont développé une réflexion importante sur le métier de formateur d’adultes. Quels sont leurs apports à la pratique des formateurs en alpha ? Quel est l’intérêt d’un tel partenariat ?

Ça fait bien travailler la tête !
Comment aborder les prérequis à la lecture à la lumière des neurosciences ?
par Patrick Michel
In Journal de l’alpha no 205, 2e trimestre 2017

Les formateurs en alpha sont confrontés à l’épineuse question des apprenants « qui n’avancent pas », qui semblent stagner plusieurs années à un niveau débutant sans « faire de progrès », qui disent eux-mêmes qu’ils ont « la tête dure » et que « rien ne rentre ». Nous avons alors fait un tour du côté des neurosciences…

Neurosciences de l’éducation et alphabétisation
par Catherine Stercq
In Journal de l’alpha no 205, 2e trimestre 2017

Des recherches dans de nombreux domaines s’intéressent tant à l’acquisition des savoirs de base qu’à la formation des adultes. Cependant, ce sont les recherches en neurosciences qui occupent aujourd’hui la scène médiatique. En lien avec l’article « Apprendre » et « faire apprendre », le présent article se propose de questionner ce que peuvent et ne peuvent pas apporter les neurosciences de l’éducation aux pratiques d’alphabétisation des adultes.

Peuvent-elles éclairer les pratiques de terrain ? Sont-elles capables de rendre les pratiques de formation plus efficaces, permettant ainsi de mieux soutenir l’apprentissage d’autrui ? Peut-on et, si oui, comment transférer les résultats des recherches en neurosciences ?

Apprentissage informel : l’iceberg éducatif
par Claire Corniquet
In Journal de l’alpha no 205, 2e trimestre 2017

L’apprentissage informel est souvent comparé à un iceberg : on ne voit de lui que la partie émergée. La partie cachée se composerait des connaissances et des apprentissages issus de notre vie quotidienne. Des apprentissages dont on n’est pas nécessairement conscients, des savoir-faire incorporés – par exemple, tenir sa fourchette sans y penser – mais aussi des connaissances intériorisées. Le recours à l’image de l’iceberg sous-entend qu’il y a encore du pain sur la planche pour celles et ceux qui cherchent à saisir les mécanismes, les enjeux et les ressorts attachés au fait d’apprendre.

Mais, qu’est-ce que l’on entend par apprentissage informel ? Et qu’est-ce que cette notion peut apporter aux professionnels de l’alphabétisation qui travaillent avec un public dont les savoirs et les connaissances sont presque exclusivement ancrés et acquis dans la vie quotidienne ?

Mes gros mots préférés
par Cécile Bulens
In Journal de l’alpha no 205, 2e trimestre 2017

La formation est une clé fondamentale pour une société plus juste. Travailler en formation avec des publics défavorisés, qui connaissent des situations d’oppression, implique de travailler avec des balises. On ne forme pas sur l’inspiration du moment. Il faut à la fois une grande liberté, une grande flexibilité, et en même temps une grande rigueur. Les concepts nous donnent ces balises.

Les partenariats

De multiples partenariats pour le droit à l’alpha
par Dominique Rossi
In Journal de l’alpha no 206, 3e trimestre 2017

Confronté à la nécessité de « rendre compte » auprès des pouvoirs subsidiants du travail partenarial réalisé par les Régionales wallonnes de Lire et Écrire dans le cadre de la mise en œuvre de plans territoriaux pour l’alphabétisation, le groupe de travail Objectif 1 Région wallonne a « buté » sur la définition même des mots « partenaires » et « partenariat », les uns et les autres ayant leurs propres représentations de ce qui peut se cacher derrière ces mots.

Cet article tente de préciser cette notion pour Lire et Écrire dans le cadre de projets menés en Région wallonne, tout en illustrant le propos de divers exemples et réalités de partenariats mis en place par les Régionales.

Le Réseau Alpha mouscronnois
Un réseau local de lutte pour le droit à l’alphabétisation
par Samuël Colpaert
In Journal de l’alpha no 206, 3e trimestre 2017

Qu’on se le dise, 10 % de la population adulte en Fédération Wallonie-Bruxelles est analphabète ou illettrée. En Wallonie picarde, plus de 25 000 personnes seraient ainsi concernées. Pourtant elles ne sont que 200-300 à intégrer une formation en alphabétisation chaque année. C’est peu et cela questionne ! Et ce d’autant plus que, dans la région, le taux d’infrascolarisation est également élevé : à peine plus de 14 % n’y disposent que d’un diplôme de l’enseignement primaire.

L’offre de formation est-elle suffisamment connue ? Les formations sont-elles accessibles ? Les dispositifs sont-ils adaptés ? Répondent-ils à une attente ? Et, en définitive, l’alphabétisation est-elle effectivement un droit effectif pour toutes et tous ? C’est à partir de ces constats et interrogations que la Plateforme pour le droit à l’alphabétisation en Wallonie picarde a vu le jour en 2012 et se mobilise depuis lors.

Pratiques d’ateliers : pas à pas vers l’édition d’un livre…
… rendue possible par une suite de partenariats à rebondissements
par Françoise Randa, Karyne Wattiaux, Gaëlle Clark
In Journal de l’alpha no 206, 3e trimestre 2017

Voici le récit – à trois voix – d’un projet initié en janvier 2015 qui a progressivement évolué en suivant les demandes des apprenants d’un groupe du Centre alpha d’Anderlecht (Lire et Écrire Bruxelles). Ces demandes ont entrainé des partenariats successifs :

  • un premier avec une animatrice d’ateliers d’arts plastiques ;
  • un deuxième, en interne, avec une conseillère pédagogique de Lire et Écrire Bruxelles ;
  • et un troisième avec l’animatrice d’une collection de livres d’artistes.

Ce projet qui s’est étalé sur deux ans a abouti à la création d’un livre collectif imprimé en dix-sept exemplaires. Et pour couronner le tout, une journée de découvertes autour du livre a été organisée le 23 janvier 2017.

Formations concomitantes
Des partenariats pour une approche intégrée de l’alphabétisation et de la formation professionnalisante
par Aurélie Storme
In Journal de l’alpha no 206, 3e trimestre 2017

Aujourd’hui, la plupart des personnes en situation d’illettrisme qui sont dans une démarche d’insertion socio­professionnelle suivent un parcours de formation linéaire : elles sont poussées à suivre d’abord une formation en alphabétisation pour ensuite seulement entamer une formation professionnelle, une fois les compétences de base acquises. Les associations d’alphabétisation et les opérateurs de formation « métier » travaillent ainsi généralement de manière autonome, les seconds renvoyant vers les premières les personnes qui n’ont pas les prérequis pour suivre leurs formations.

Toutefois, certains organismes d’alphabétisation et d’insertion socio­professionnelle wallons ont développé des pratiques de collaboration qui permettent d’alterner des temps de formation professionnelle et d’alphabétisation, selon une approche plus intégrée du parcours de formation.

Des mots et des briques
Un projet pilote de formation concomitante

Entretiens avec les apprenants et les partenaires du projet
par Aurélie Audemar
In Journal de l’alpha no 206, 3e trimestre 2017

Bon nombre de formations qualifiantes sélectionnent les publics, notamment par des tests d’entrée qui visent à vérifier les connaissances en français et en mathématiques des candidats. Ces pratiques excluent de fait de ces formations des personnes qui manquent de maitrise des savoirs de base, mais qui expriment le besoin et le souhait de développer des compétences « métier ». Comment leur permettre d’accéder à ces formations sans les obliger à se centrer préalablement, parfois durant plusieurs années, essentiellement sur l’acquisition des savoirs de base ?

Soucieux de ces questions et s’appuyant sur des constats de terrain, Lire et Écrire Luxembourg, La Trêve-AID et le CEPPST ont élaboré avec le FOREm-Formation un projet pilote de formation concomitante à la maçonnerie tenant compte des spécificités de chaque institution.

Dispositif pédagogique au service des projets professionnels du public en situation d’illettrisme
Entretien avec Yolande Boulanger
par Antoine Daratos
In Journal de l’alpha no 206, 3e trimestre 2017

Depuis 2006, la régionale de Lire et Écrire Centre-Mons-Borinage propose des formations spécifiquement dédiées aux apprenants dont l’objectif est de suivre une formation qualifiante. Ce dispositif a beaucoup évolué, notamment grâce à des collaborations étroites avec les centres d’ISP pour identifier les difficultés spécifiques qu’un public alpha peut rencontrer en formation qualifiante.

Aujourd’hui, avec le nouveau décret CISP, et surtout pour répondre aux projets d’insertion professionnelle de chacun, le dispositif est proposé à tous les nouveaux apprenants qui sont demandeurs d’emploi. Ils peuvent commencer par découvrir une série de métiers… et plus si affinités.

Ma fonction de « responsable de projets filières et passerelles »
Pourquoi, comment et avec quelles retombées ?
par Caterina Morabito
In Journal de l’alpha no 206, 3e trimestre 2017

Avec l’arrivée des mesures d’activation des travailleurs sans emploi, beaucoup d’apprenants ont manifesté des sentiments d’insécurité, d’incertitude et d’échec. Le contexte institutionnel européen et wallon pousse par ailleurs les opérateurs de formation professionnelle à améliorer la transparence de leur offre et à fluidifier les partenariats.

À Lire et Écrire Centre-Mons-Borinage, il nous est donc paru plus qu’urgent d’ajuster notre dispositif de formation pour que celui-ci réponde au mieux aux besoins des apprenants, en lien avec la réalité socio­économique de la région.

L’alimentation, un thème pour comprendre et agir dans le monde
Histoire d’un projet en mouvement
par Silvia Munoz, Valérie Legrand, Astrid Galliot, avec les témoignages de femmes en alphabétisation
In Journal de l’alpha no 206, 3e trimestre 2017

Si nous devions retenir quelques ingrédients qui ont rendu possible la dynamique de projet et de partenariat autour de l’alimentation durable qui a lié le Gaffi, association active en alpha et ISP, Rencontre des Continents, asbl qui travaille sur la problématique de l’alimentation durable, et plus tard, la coopérative écologique et sociale BEES coop, ce serait la rencontre, le dialogue, la volonté de relever un défi, la conviction que c’est possible. Ce serait aussi une démarche collective d’expérimentation, de conscientisation, d’émancipation, où l’on avance, réfléchit et se transforme ensemble.

Pour vous faire découvrir ce projet, deux écritures parallèles vous sont proposées : celle de l’ensemble des participantes du Gaffi et celle de l’animatrice de Rencontre des Continents.

Alpha-Jeux
Un partenariat à la demande d’opérateurs de terrain
(texte collectif)
In Journal de l’alpha no 206, 3e trimestre 2017

Depuis 2011, le projet Alpha-Jeux vise à soutenir les apprenants dans leur apprentissage du français, à stimuler les échanges et à développer la cohésion du groupe via des jeux de société conviviaux et pédagogiques.

Porté par Lire et Écrire Bruxelles, via son Centre alpha de Molenbeek-Dubrucq, ce projet a démarré en partenariat avec six associations d’alphabétisation molenbeekoises (Dar al Amal, La Porte Verte, La Rue, le Collectif alpha, Le Piment et le SAMPA), la ludothèque communale Speculoos de Molenbeek, le secteur ludothèques de la COCOF, et la Maison de la Francité. Une initiative qui tente aujourd’hui de se pérenniser…

Apprendre une langue

L’autre dans sa langue
par Natalie Rasson
In Journal de l’alpha no 207, 4e trimestre 2017

Le champ des langues est un terrain impossible à épuiser. J’ai choisi, pour cet article, de suivre quelques sillons dans cette terre riche et de raconter, un peu, ce que vivre au carrefour de multiples cultures, dans un « fouillamini » de personnes aux langues et aux expériences tellement diverses, m’apprend sur « la marche du monde ».

Un respect non feint
par Pierre Jérémie Piolat
In Journal de l’alpha no 207, 4e trimestre 2017

Ayant travaillé pendant dix ans au sein des milieux de l’alphabétisation et auprès de migrants, j’évoquerai ici ce qui a déterminé mon regard et mon travail, soit une certaine sensibilité et disponibilité à ce que portent avec eux les femmes et hommes vivant l’aventure migratoire.

Dans la première partie, je rendrai compte de ce qui a été déterminant dans ma pratique : la certitude non feinte que les migrants viennent armés de savoirs infiniment précieux pour notre société ; savoirs issus, entre autres, de leur culture d’origine.

Dans une seconde partie, j’insisterai sur ce que je nommerai « la puissance de l’oralité » de ces femmes et ces hommes ; puissance de l’oralité qui n’est qu’une part de la constellation des savoirs que les migrants amènent avec eux et que j’ai tenté de mettre au centre de mes ateliers.

Et je conclurai par une mise en contexte de cette démarche allant à l’encontre de la disqualification qui, aujourd’hui plus encore qu’hier, touche les migrants.

La biographie langagière
Une mise en lumière des pratiques des langues, des savoirs et des identités
par Aurélie Audemar
In Journal de l’alpha no 207, 4e trimestre 2017

Au-delà de la définition du Cadre européen commun de référence pour les langues et des utilisations préconisées dans les portfolios européens des langues, la biographie langagière a toute sa place en alphabétisation populaire comme outil de prise de pouvoir sur son devenir, qu’on soit ou non francophone.

Il s’agit par l’intermédiaire de la biographisation des expériences plurilingues et interculturelles de s’intéresser aux pratiques des langues, marqueurs identitaires forts. La biographie langagière peut servir à la fois à éclairer son parcours, à situer son rapport aux langues, à révéler ses savoirs enfouis, ainsi qu’à situer ses pratiques culturelles à l’échelle de la société.

Cet outil, utile à la fois pour les apprenants et pour les formateurs, permet de dépasser une vision standardisée de l’apprentissage et des pratiques des langues, et de développer une observation fine des usages des langues.

De ce qu’on engage à comment on s’engage
par Maria Alice Médioni
In Journal de l’alpha no 207, 4e trimestre 2017

Apprendre a un « coût », même si on est censé en tirer un « bénéfice ». Cela oblige à engager des « biens » souvent précieux pour obtenir des moyens d’agir… en espérant qu’on ne les perdra pas dans l’« entreprise », en tremblant peut-être à l’idée qu’on pourrait les perdre définitivement.

Ce que la personne engage, par définition, l’engage comme personne. C’est ce glissement qui devient nécessaire à l’apprentissage comme à l’enseignement, qu’il me semble important de travailler pour éviter toute manipulation et gagner en émancipation.

Il ressort de ce qui précède que l’on s’engage à hauteur des situations qui permettent ou non cet engagement.

Parler, lire, écrire… enseigner
Déconstruire les représentations de la « bonne langue »
par Anne Torunczyk
In Journal de l’alpha no 207, 4e trimestre 2017

Je voudrais montrer ici combien les représentations de la langue – celle que l’on « doit » apprendre, celle qu’il « faut » enseigner – constituent un élément fondamental à travailler avec les apprenants, parce que tout l’apprentissage en est affecté. Les recherches que j’ai menées avec des adultes qui n’avaient jamais été scolarisés et avec d’autres, les « échoués de l’école », m’ont révélé à quel point cette notion de « bonne langue », que nous partageons tous peu ou prou, constituait un obstacle à l’apprentissage de l’écrit, en particulier pour la grande majorité des apprenants, et plus largement pour toute une catégorie sociale d’individus.

J’ai aussi pu constater, dans ma longue expérience de formatrice, qu’en faisant changer ces représentations, on faisait évoluer l’image de soi de l’apprenant et son rapport au savoir.

Politiques d’alphabétisation

Aperçu des approches et enjeux d’une évaluation des actions d’alphabétisation par les pouvoirs publics en Fédération Wallonie-Bruxelles
par Lire et Écrire en Wallonie
janvier 2017

Dans le contexte actuel de crise économique et budgétaire, les interventions publiques dans un secteur – en l’occurrence la formation – peuvent être en concurrence avec celles d’un autre secteur. Les pouvoirs subsidiants doivent donc effectuer des choix de priorités et d’opportunité, sur base de l’analyse qu’ils font de l’efficacité des actions menées (est-ce que les objectifs sont atteints ?), mais aussi de leur efficience (le rapport entre les moyens mis en œuvre et les résultats est-il optimal ?). Dans ce contexte, les organismes d’alphabétisation sont sous pression pour démontrer les effets de leurs actions, et des conflits apparaissent sur le type de preuves qui devraient être mises en avant.

Chaque ligne politique a ainsi développé son propre mode d’évaluation ou de contrôle des activités qu’elle finance. De nombreux opérateurs d’alphabétisation poly­subventionnés sont donc amenés à mettre en œuvre des modes d’évaluation distincts, certains étant principalement ciblés sur des indicateurs quantitatifs, d’autres étant plus qualitatifs. La confrontation des règlementations des différents pouvoirs subsidiant nous amène à poser un certain nombre de questions relatives au sens de l’évaluation des actions d’alphabétisation pour les pouvoirs publics, et à ses modalités : Quels indicateurs choisir ? Qu’est-ce qui relève du contrôle et qu’est-ce qui relève de l’évaluation proprement dite ? Quelle marge de manœuvre est laissée aux opérateurs pour choisir les modalités d’évaluation de leurs actions les plus appropriées ?

Politiques d’apprentissage tout au long de la vie
Comment l’Europe voit-elle nos publics ?
par Antoine Daratos
septembre 2017

Les politiques consacrées à la formation des adultes, notamment dans le secteur de l’alphabétisation, témoignent d’une tendance croissante à la catégorisation des publics et insistent de plus en plus sur la nécessité de recruter des publics dits « éloignés » (de l’emploi, de la formation), que ce soit via des dispositifs contraignants ou par des opérations de sensibilisation à la nécessité de se former et à l’offre existante.

Ces tendances se matérialisent très concrètement pour les opérateurs de formations, notamment par le biais des exigences accompagnant les subvention­nements, et les textes européens consacrés à « l’apprentissage tout au long de la vie » semblent être une des sources fixant ces priorités. La clé d’une politique réussie serait, si l’on suit les raisonnements présentés dans ces textes, de prendre en main les publics qui présenteraient une forme de déficience en matière de formation et de « compétences », afin de les rendre capables de s’insérer sur le marché de l’emploi.

C’est dans ce cadre que se construit une vision des apprenants bien particulière. Appartenant à une série de catégories bien déterminées (immigrés, chômeurs, jeunes, etc.), l’apprenant adulte est caractérisé de manière négative, par ses manques. Ces lacunes, qui ne sont pas expliquées par des éléments d’ordre systémique, constitueraient une véritable menace pour le continent européen dans son ensemble, celui-ci ayant à lutter avec d’autres régions du monde avec les armes économiques que sont les « compétences du XXIe siècle ».

La solution résiderait dans l’accompagnement individualisé plutôt que dans l’attention aux facteurs sociaux ou institutionnels qui ont débouché sur des insuffisances en matière de formation : il conviendrait d’encadrer, orienter et motiver.

Les ASBL belges, des entreprises comme les autres pour l’Union européenne ?
par Antoine Daratos
octobre 2017

Face aux multiples signes qui laissent craindre une marchandisation croissante de l’action associative, cette analyse se penche sur les éléments de droit européen qui encadrent le financement des associations.

Le PIIS en question(s)
par Magali Joseph
avril 2017

À l’origine, le Projet Individualisé d’Intégration Sociale (PIIS) était un contrat qui énonçait les droits et devoirs mutuels des jeunes de moins de vingt-cinq ans et de leur CPAS. Depuis la nouvelle loi du 21 juillet 2016 modifiant la loi du 26 mai 2002 concernant le droit à l’intégration sociale, ce contrat, qui était facultatif pour les plus de vingt-cinq ans, a été rendu obligatoire pour tous les nouveaux bénéficiaires du Revenu d’Intégration Sociale (RIS) sans limite d’âge ou de groupe cible. Il s’agit d’une réforme importante et d’une évolution vers une plus grande responsabilisation des bénéficiaires visant la réinsertion sociale et professionnelle, affirme le ministre de l’Intégration sociale W. Borsus qui est à l’origine de cette loi.

Que penser d’un PIIS obligatoire pour les personnes analphabètes ou illettrées ? Pour tenter de répondre à cette question, nous avons collecté plusieurs types d’informations. Nous avons tout d’abord pris connaissance de l’étude sur le PIIS commanditée par le Ministère de l’Intégration sociale qui investigue sur la mise en œuvre du PIIS avant la réforme.

Ensuite, comme il s’agissait avant tout de connaitre la manière dont cette législation touchait les personnes en difficulté avec le français, nous avons contacté dix-sept associations bruxelloises pour savoir si elles avaient, à leur connaissance, des apprenants qui avaient signé un PIIS. Au final, nous avons eu connaissance de quinze PIIS signés et nous avons interviewé douze personnes sur les quinze. Nous avons aussi pu découvrir le contenu de quatre PIIS.

Enfin, nous avons réalisé des entretiens avec deux présidents de CPAS choisis en fonction de leur position différente par rapport au PIIS. De nombreuses associations et institutions se sont aussi positionnées par rapport à cette réforme par le biais de diverses publications ; nous avons pris connaissance de ces divers avis.

Du parcours idéel au parcours réel
En finir avec le « parcours de réussite »
par Claire Corniquet
In Les Politiques sociales 1&2/2017, Aide sociale : contractualisation et contrepartie, 1er semestre 2017

Cet article propose de déconstruire la notion de réussite associée au parcours d’insertion socio­professionnelle, et cela en confrontant le parcours réel des apprenants au parcours idéel, tel qu’il est pensé dans le dispositif ISP encadré par le décret du 27 avril 1995.

De l’usage du contrat dans l’aide sociale
par Claire Corniquet
décembre 2017

Un contrat, une convention, ou une entente peuvent être scellés sans validation écrite. Pourtant, force est de constater que de nombreux accords sont matérialisés sous la forme papier.

Souvenez-vous d’Ariel, la petite sirène de Walt Disney, qui troque sa voix contre une paire de jambes. Elle n’a alors que quelques jours pour séduire son prince et le convaincre de l’épouser.

Mais c’est sans compter Ursula, l’horrible pieuvre avec qui Ariel a négocié ses guiboles, qui fait capoter l’histoire et contraint la sirène à devenir une âme errante pour l’éternité. Pour preuve de leur accord, Ursula brandit le contrat papier et pointe avec aplomb la signature d’Ariel qui l’enchaine définitivement au vilain céphalopode.

Si l’histoire de la petite sirène se termine en happy ending – perpétuant ainsi la tradition Disney – il n’en va pas de même pour le « commun des mortels ».

Lire et comprendre les politiques et pratiques culturelles en alphabétisation populaire
Contribution au colloque Quelles politiques culturelles pour quelles ambitions démocratiques
par Sylvie Pinchart
avril 2017

Au regard du thème de ce colloque – qui réinterroge ce qui fonde ou refonde aujourd’hui les liens, les articulations entre cultures et démocratie – le fil conducteur de cette contribution est de témoigner comment nous vivons et interrogeons la mise en œuvre des politiques publiques sur notre terrain d’action, en pointant plus particulièrement les indicateurs qui y sont mobilisés.

C’est un regard non exhaustif, critique – qui inclut l’autocritique. Il vise à mettre en discussion des pistes d’action dont nous, acteurs culturels, pourrions nous emparer collectivement.

Écrire pour le Journal de l’alpha : nouvelles modalités et avis des contributeurs
par Sylvie-Anne Goffinet
décembre 2017

Précédemment, j’ai formulé une question de départ orientée vers la recherche d’une plus grande participation des acteurs de terrain à la rédaction du Journal de l’alpha : Quel type de rapport à l’écrit mettre en œuvre à travers un Journal de l’alpha « revisité », en lien avec un projet d’écriture permettant aux contributeurs de « s’auteuriser » dans une perspective d’éducation populaire, en phase avec le projet de Lire et Écrire ? Soit un projet d’alphabétisation populaire qui fait notamment de l’écriture un outil d’expression sociale et politique, de prise de parole, de pouvoir sur sa vie, son milieu et son environnement, y compris pour les travailleurs.

Ce qui m’a amenée à réfléchir sur l’écriture et sur les processus de domination à l’œuvre dans l’écrit et à chercher des conditions d’émergence d’un processus d’« auteurisation », terme repris à Yvette Moulin, soit le fait de se donner l’autorisation de devenir auteurs, et de l’ouverture, non seulement intentionnelle mais réelle, du Journal de l’alpha à de « nouveaux écrivants ». Ces conditions sont basées sur un « changement de paradigme », alliant résistance et libération par rapport aux normes dominantes de l’écrit dans un rapport continu entre fond et forme, chacun devant pouvoir trouver une manière de s’exprimer en accord avec son origine de classe, son genre, sa culture.